Titanic 2012 – Farniente !

(OH NON TU NE LE PAS)Check my doubles !Tristar™db-Hôtel™ ****OVER 9000 !! ! ! 1 (1 vote(s), moyenne de 5,00 sur 5)

Et on se lâche un peu à bord !

Donc pour les dessins, je ferais un lot à la fin. Là ça pompe trop de ressources et trop de temps de s’occuper de les scanner à la webcam. Je ferais des vues meilleures, et colorisées sur ordinateur de ce que j’ai fait quand je serais de retour sur la Terre ferme. Place au récit !

Lever désormais fixe. 9h, comme tous les jours. Une routine se met en place en quelques sortes. Café et croissants servis dans mon salon, merci les Stewards. Une bonne heure de bain bien chaud, que c’est agréable. Un grand silence règne dans la suite, c’est divin. Et je m’habille. Nous sommes Samedi, soit un jour avant la catastrophe. Je sors, j’ai cette curieuse sensation de calme avant la tempête. Comme si quelque chose couvait. Et pour cause…

Ma journée d’hier ayant été bien agitée, je décide de me reposer cette fois-ci. Je compte arpenter le navire de la poupe à la proue, pour le parcourir dans toute sa longueur. 270 mètres, ça a l’air de rien comme ça, mais sur un bateau tel que le Titanic, c’est autre chose. Tout paraît démesuré sur ce navire, véritable ville flottante.

Il est déjà 11h. Je me dirige comme à mon habitude sur la Promenade Solaire pour un petit bain de Soleil, sur une chaise longue en bois, côté babord. Le ciel est clair, et la mer bien calme. Pas un souffle de vent, mis à part celui induit par le déplacement du colosse d’acier. Dans mon dos, une des immenses cheminées expulse sa fumée noire, épaisse, sur fond de ciel bleu, un bleu qui me rappelle celui de la Provence. Je resterais là, allongé un bon moment, à regarder la gens passer, tout en lisant le Atlantic Daily Bulletin, le journal de bord, qui apporte des nouvelles du Continent, transmises via TSF (Télégraphie Sans Fil). Le bon air de ces débuts du XXème siècle. Je demanderais à me faire livrer un café, que je bois sur place. On est en 1ère Classe ou bien ?

Midi. La trompette sonne doucement l’heure des repas. Oui, DES repas, car on peut choisir d’en prendre un de suite, ou de patienter au second service. Mon estomac gargouillant un peu (chose qui m’étonne au vu du repas copieux d’hier soir), je me résous à me lever et à me diriger vers le Restaurant à la Carte. Ce coup-ci, je choisi quelque chose assez légumier. Pari risqué car la charcuterie est omni-présente. Je choisis quelques patates frites en entrée, suivies de près par un gratin dauphinois (j’ai été étonné d’en trouver un ici !), avec ensuite une salade verte et ses rognons sauce Grand Veneur. Et je finirais sur un Gorgonzola, qui était succulent. Arrosé d’un peu de vin de rouge de Touraine. Miam !

14h. Oui le temps passe vite, surtout à table quand le repas est aussi bien servi, et aussi bon. Je décide de rejoindre l’arrière du navire. C’est presque une aventure en soi, car il faut descendre d’un pont à l’autre, franchir des barrière, car oui il ne faut pas que les Classes se mélangent. Mais en 15 minutes, je parviens à l’arrière, et me tiens sur le bastingage, près d’un mât sur lequel flotte le pavillon bleu de la Royal Naval Reserve (il comporte dans le coin supérieur gauche le drapeau Anglais). J’ai ramené avec moi une boite un peu particulière, qui me suit partout dans mes déplacements. Cette boite je l’ai nommée la « boitatriangles ». Ce sont des triangles jaunes adhésifs que je colle sur des supports, où je vais, comme une marque de passage. J’en colle un sur le mât du drapeau, exposé en direction opposée du bâtiment, face à la mer. Un triangle jaune est donc collé sur le Titanic ! Je me demande combien de temps il survivra dans les fond abyssaux, à 4000 mètres. Il faudra que j’écume les images ramenées par les sous-marins à mon retour… En attendant, je profite du grand air qu’il y a ici. Dans le ciel, les colonnes de fumées noires s’évanouissent sur le bleu du ciel, à peine strié par-ci par-là par quelques cirrus. Plus bas, l’Océan Atlantique, d’un bleu profond, presque noir. Celui-ci est barré de part en part par les remous provoqués par le sillage du navire. Je les remonte jusqu’à trouver la zone où les hélices battent les flots. J’ai une pensée pour l’énorme machinerie qui active tout ça. C’est assez hallucinant. Je resterais un petite heure dans cette partie du navire, avant de remonter sur les ponts centraux.

15h45. Me voici de l’autre côté du Titanic, à l’autre bout, à la pointe. Sensation toute différente. Ici on a l’impression de filer à tout allure. Je me penche pour mieux prendre conscience de la scène qui se joue ici. La proue forme comme une immense lame noire, transperçant la surface de la mer. Sans presque un seul remous. A cet endroit précis, je ressent un immense sentiment de puissance, de force. Le paquebot avance à tout vitesse, droit, avec détermination. Le vent vient d’en face, j’en perdrais presque mon chapeau. J’ai failli basculer dans le cliché de ce fameux film de la fin de ce siècle, en déclamant «Je suis le Roi du Monde !! ! ! 1». Mais non, faut pas déconner non plus. Je redescend de mon piédestal pour revenir au centre de la plateforme avant. A cet endroit là, il y a le mât avant, avec le nid-de-pie, qui est en fait la vigie. Ce sont les Yeux du Titanic. Il y a en permanence deux gars qui se relaient pour observer les dangers approchant, de jour comme de nuit, qu’il pleuve, vente ou neige. Je les salue d’en bas, et demande si je peux grimper à leur rencontre, pour admirer la vue. On me fait signe que oui, après quelques minutes de réflexion. Ils me font signe d’emprunter l’une des échelles d’accès latérales, qui conduisent au mât. De là, on peut redescendre sur le nid-de-pie. Si a deux ils sont à l’aise, à trois ça commence à faire un peu juste. Je ne reste que quelques minutes mais la vue de là-haut est sublime. Nous sommes en fait sur le point culminant du navire (si l’on met de côté les échelles qui grimpent sur les cheminées, où il faudrait que j’aille d’ailleurs). Je demande à tout hasard comment ils feraient, de nuit, par temps calme et mer plate, sans Lune, comment ils feraient pour repérer un obstacle droit devant. Quelque peu embarrassés il me répondent que ça serait vraiment limite. Tout au plus ils parviendraient à voir l’obstacle 500 voire à 600 mètre avant une éventuelle collision, mais ils me maintiennent que j’ai choisi le pire des scénarios et que ça aurait peu de chance de se produire. Je les salue poliment et redescend sur le pont.

Il est environ 17h. Le moment pour moi d’aller de nouveau sur la Promenade Solaire. Je prends ma place habituelle, au pied de la cheminée numéro 2. La vue n’est pas obstruée par les canots de sauvetage, que je regarde avec une certaine appréhension. Dire que c’est à bord d’uns de ceux-ci qu’il va falloir survivre au naufrage, dans la nuit noire. Je frissonne rien qu’à l’idée. Mais je me dois d’aller au bout de la mission. Car mon objectif est bien de rendre compte du naufrage, dans sa vérité la plus absolue.
Je m’endors un peu, durant une petite heure. Le Soleil décline progressivement sur l’Atlantique. Je me réveille alors qu’il est presque 18h. Je choisi de revenir dans ma suite, afin de finaliser quelques croquis, faire un brin de toilette et me changer pour la soirée.

L’heure du dîner. Le commandant Smith fait un petit discours, annonçant que nous sommes en avance sur la marche prévue. Que New-York n’est plus qu’à trois jours de navigation, peut-être deux s’ils forcent l’allure. Ce discours est immédiatement suivi d’applaudissements nourris. Je n’applaudis pour ma part, me contentant de boire mon verre de Champagne. S’ils savaient tous… Mais je me dois de maintenir le secret, ne rien dévoiler. Il en va du cours de l’Histoire. Car si jamais j’arrive à convaincre l’équipage de réduire l’allure, de ne pas tenter d’éviter une éventuelle collision avec un iceberg, le Titanic ne coulera pas. Et s’il ne coule pas, un autre le fera. Peut-être lui, peut-être un autre. Et le nombre de victime pourrait être plus élevé encore. Il en va de la sécurité à bord des transatlantiques, je le sais. Je pourrais sauver tous ces gens. Mais je ne ferais rien. Et le repas se poursuit, très copieux. Je vais éviter de décrire le menu, lourd, nourrissant, mais d’un niveau gastronomique rare. Je ne suis pas seul à ma table. Il y a des gens fortunés, plus que moi, plus que jamais je ne l’ait été. Je lie connaissance avec un voyageur, un curieux qui a exploré l’Europe et qui revient chez lui en Californie. Il est exploitant en vins et me jure que la production vinicole pourrait marcher là-bas. Je lui réponds que c’est absolument possible, et qui sait, dans un siècle les vins californiens pourraient rivaliser avec les meilleurs cépages français. Ce a quoi il me répond qu’il ne faut pas exagérer, car «les américains ont des goûts de chiotte». Nous éclatons de rire.
Le repas touche à sa fin. Et comme à mon habitude, promenade nocturne sur la Promenade Solaire, histoire de bien digérer avant de me diriger dans le fumoir Première Classe.

Des volutes de fumées, des conversations feutrées, le bruit de quelques bourbons et autres cognac versés dans des verres. Telle est l’ambiance du fumoir. On y discute d’un peu de tout, de politique, de sciences, des femmes, on félicite untel sur sa réussite dans les affaires, on jalouse untel parce qu’il a pu dîner aux côtés du Commandant Smith. Parfois ça part l’engueulade mais celle-ci se finit vite par l’offre de quelques cigares de qualité. J’en suis pour ma part à mon 4ème verre de Scotch. Je suis déjà passablement éméché. «Attendez» dis-je à mon compère exploitant vinicole «je vais chercher quelque chose». Je m’enfuis en direction de ma suite qui n’est qu’à quelques encablures de là. Je fouille une de mes valises pour y trouver une … shisha. Oui j’en ai ramené une. Je prends avec moi quelques tabacs aromatisés, charbons et je reviens avec elle. «Vous avez fait les Afriques ?» me dit-on. En quelques sortes oui je réponds. Après l’avoir consciencieusement préparée, quelques bouffées s’exhalent. Je leur fait goûter un parfum menthe-pomme. C’est tout de suite un succès. Les gens de 1ère Classe ne sont pas aussi coincés qu’ils veulent le montrer. C’est pratiquement tout le spectre de la haute société qui défile devant moi. John Astor lui-même, l’homme le plus fortuné de cette époque, s’installera à mes côtés pour prendre quelques bouffées. Je suis dans un genre de rêve. La soirée s’éternise. Deux, trois, puis quatre charbons. J’annonce que c’est la fin. Le fumoir se vide peu à peu. Je laisse ma shisha en place, avec les charbons. Je rentrerais dans ma chambre tardivement.

Ce fut la dernière nuit au calme à bord du Titanic. La prochaine nuit sera autrement plus agitée. J’ignore si j’arriverais à trouver correctement le sommeil. Je l’espère…

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.