Explorons le tunnel du Rove

Quel mois de Juin riche en urbex !

Avec un ami urbex, nous sommes allés rendre visite au tunnel du Rove. Alors ce tunnel, qu’ès-ce acquò ? C’est tout simplement le tunnel le plus large du monde. Et ce n’est pas simplement le quart d’heure marseillais de ce blog, mais c’est véridique. Avec une largeur de 22 mètres et une hauteur de 15 mètres, il bat tous les records. Il fut bâti entre 1911 et 1926 (date de la 1ère traversée). Il relie la Mer Méditerranée à l’Etang de Berre, sur une longueur de 7 km et 120 mètres. Enfin bon, des infos plus détaillés sur disponibles ICI et ICI.

En faire la traversée de nos jours est impossible. Non pas à cause des éboulements (une percée à été réalisée au travers de la zone) mais parce que des deux côtés le « trottoir » s’est affaissé. Toutefois, on peut aller pratiquement en plein milieu de l’ouvrage. De plus, côté Estaque, les aménagements portuaires rendent très délicat l’accès. C’est côté Gignac que nous sommes passés.

Mais avant toute chose, je vous recommande chaleureusement d’écouter CECI en lisant l’article, et en regardant les photos. Laissez vous porter jusqu’au moment où vous entendrez les premières gouttes d’eau.

Tout d’abord, la vue sur le canal, à l’air libre. Il s’étire sur une bonne longueur depuis l’Etang de Berre. Vous noterez les bas côtés relativement délabrés.

Et puis, l’entrée du tunnel. Très imposante ! Imaginez que ce tunnel file en ligne droite sur la mer, 7 kilomètres plus loin !

Et c’est parti pour l’explo ! Bienvenue dans les entrailles du Rove. Des stalactites sont d’ores-et-déjà présente sur la voûte. Mais celles-ci ne sont rien par rapport à celles que l’on rencontrera plus loin.

La clarté de l’entrée du tunnel éclaire de la meilleure des façon les parois. Il commence à faire bien sombre.

L’ambiance devient très surréaliste, avec ces « forêts » de stalactites qui poussent depuis les anfractuosités de la paroi. Le bruit des gouttes tombant sur l’eau est amplifié, de même que le moindre bruit de pas. Notez l’espèce de brouillard visible au fond du tunnel. L’air ici est chaud, très très humide, une sensation tropicale. Comme «Avant un orage en Réunion» me dit mon ami.

Nous arrivons bientôt à hauteur de la zone d’effondrement. A droite, nous sommes parvenus sur la « rive Nord » de celle-ci, qui correspond à un endroit qui apparemment a été excavé puis travaillé.

Le brouillard qui règne ici permet d’amusants jeux de lumières. L’entrée du tunnel à gauche, à plus de 2km.

Lightpainting sur les éboulis. Puis nous traversons le petit conduit aménagé au travers de l’effondrement. Et continuons notre route en direction de l’Estaque. Stalactites et stalagmites sur la voie. Au fond, la lueur de l’entrée du tunnel côté Méditerranée, à plus de 5 km.

Puis après sans doute 2 km de marche, nous sommes mis en arrêt par une zone effondrée du bas côté. La route s’arrêtera là. Retour arrière.

Une plaque recouverte en partie par des concrétions, colorées par des argiles ou des oxydes de fer. L’entrée côté mer.

Zoom maximum qui montre quelques bateaux dans le port de l’Estaque. Et un dernier lightpainting sur le mur qui contient les éboulis. Notez sur la droite le tunnel plus petit qui permet de les traverser. Oui, j’ai voulu écrire « db-prods.net » mais c’est peu lisible, et je m’en fiche un peu en fait.

Le retour se fera sans d’autres photographies. Ravie d’avoir eut la chance de pouvoir me déplacer dans ce ouvrage d’art. J’espère pour Marseille, Martigues, Gignac et Marignane que ce tunnel pourra de nouveau servir. Une telle structure, unique au monde, ne doit PAS tomber sous le coup d’un dépérissement inexorable.

8 thoughts on “Explorons le tunnel du Rove”

  1. Wow, très impressionnant, superbes les stalactites.
    J’aurais jamais osé m’aventurer là-dedans moi par contre 😀

  2. Le plus étonnant, c’est la parfaite « rectilignité » de cet ouvrage. Ainsi, depuis n’importe quel endroit, on peut voir la lumière des deux têtes. Au milieu de l’ouvrage, ces deux lueurs doivent être tout de même très intenses, au point d’être éblouissantes, un peu comme 2 soleils dans un monde à 2 dimensions .. enfin .. je me comprends ^^

  3. De l’Espagne je vous envoye mes felicitations pour votre exploit en traversant le tunnel de rove.
    Je savait de son existance depuis longtemps, et enfin en 2011 avec ma femme nous y sommes allées voir le canal coté Berre et la majestueuse entree.
    Je me join a vos desirs en souhaitant aussi qu’un jour il puisse etre de nouveau mis en service, meme que ça ne puisse etre que pour la navigation de loisir.

  4. Rouvrir le tunnel à la plaisance ce serrait un atout touristique supplémentaire pour la région, ca permettrait de créer un port de mer sur l’étang, alors qu’il manque tellement de places pour les bateaux de plaisance, les plaisanciers donnent beaucoup d’argent pour garer leur bateau, ca créerait de l’emploi…il faudrait travailler?! C’est plus confortable de compter sur les allocations…

    1. Oui je suis bien d’accord. Mais à la base ce tunnel est une infrastructure destinée à transporter de la marchandise, et pas pour faire de la plaisance.
      Et le rapport avec les allocs faudra me l’expliquer. Encore de la faute de ces assisté-é-s de RSIstes, n’est-ce pas ?

  5. Très beau reportage…
    Une correction cependant… le tunnel du Rove n’est plus le tunnel au plus grand diamètre du monde depuis… l’ouverture du tunnel sous la manche 🙂

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