Macam + Keith’s Image Stacker : où comment faire de l’imagerie planétaire sous Mac?

L’intro

Etant sous Mac, et étant passionné d’astronomie (nooooon, on n’aurait pas remarqué :D ), j’ai un peu galéré pour pouvoir faire de l’acquisition webcam avec le système à la Pomme. C’est pour ça que je vous fait ce petit tutoriel qui permettra à ceux qui veulent -enfin!- faire de l’imagerie astro sans avoir besoin de basculer sur le système à la Fenêtre. C’est en fait le tutoriel que j’aurais bien aimé trouvé lors de mes galères.

Tout d’abord, pour l’acquisition webcam. Car, si sous Windows la plupart des webcams sont supportées, il en est autrement pour Mac. Par exemple, la Philipps Toucam Pro (la 1, la 2 et la 3 mieux connue sous le nom de SPC 900) dont les pilotes n’ont même pas été développés. Alors comment qu’on fait? J’arrive :D .

Deux solutions existent : l’une est payante et l’autre pas. Je vous ferais grâce de la solution payante qui va vous mener à d’abord acheter le pilote et acheter un logiciel qui ne fonctionne qu’avec le pilote.

La solution gratuite se nomme : MACAM! Un « petit » logiciel simple à utiliser. Vous le trouverez ici : http://webcam-osx.sourceforge.net/ et je ne saurais que vous recommander chaudement d’aller voir les CVS build (qui sont des versions de développement intermédiaires) qui se trouvent à cette adresse : http://sourceforge.net/project/showfiles.php?group_id=44375&package_id=176091

La dernière version -0.9.2- fonctionne parfaitement sous Mac OS 10.5 Leopard avec toutes les caméras Philipps :) .

Ensuite, pour le traitement, nous allons travailler avec le Keith’s Image Stacker (que nous appellerons KIS par commodité et parce que ça le fait d’utiliser des acronymes :D ). Téléchargeable ici (au juste, vous ai-je dit que nous travaillerons sur des logiciels anglais?) : http://keithwiley.com/software/keithsImageStacker.shtml

C’est bon? Vous avez vos DMG de montées? Et les applications glissées déposées dans votre dossier d’applications? Eh beeh, vous attendez quoi? :D

Nous sommes partis!

1 – Macam, le plus amusant

Tout d’abord, familiarisons nous avec l’interface de Macam.

En 1, nous avons accès aux préférences -en 2- du logiciel. Elles permettent de régler certains paramètres d’acquisition, le format d’enregistrement, la vitesse, etc. Pour faire quelque chose de correct en astro, il faut choisir d’enregistrer en « raw » via le menu déroulant « Raw (uncompressed) ». Faire glisser le curseur à son maximum vers la droite. Ainsi, chaque image de la vidéo ne sera pas compressée et sera donc telle qu’à l’acquisition.

En 3, la fenêtre d’acquisition. Avec de gauche à droite : le lancement ou l’arrêt de la lecture du flux vidéo, l’enregistrement d’une seule image, l’enregistrement d’une vidéo et l’accès au panneau de réglages (flèche noire). Tout en bas de ce panneau, et disponible que quand la lecture du flux est stoppée, la cadence d’acquisition. La mettre à 5 fps, car des cadences supérieures dégradent la qualité des images.

Voilà, nous connaissons notre logiciel. Tout est prêt, le télescope mis en station, la webcam branchée et vissée sur une cible et visible dans la fenêtre d’acquisition? Nous pouvons cliquer sur cet icone :

Pour le temps d’acquisition, on ne peut pas le régler de façon précise. Le seul conseil que je donne est de regarder l’horloge en haut à droit de la barre de menus, ou mieux, un chronomètre. Mais sachez que pour une minute de vidéo, vous aurez 300 images. Quand le temps d’arrêter l’enregistrement vidéo, un second clic sur l’icône suffit pour l’arrêter (à ce moment là, vous aurez un lecteur qui apparaîtra, pratique pour contrôle le résultat).

2 – KIS, ou l’astro bien au chaud

Vos vidéos sont par défaut enregistrées sur le bureau, première chose à savoir.

Seconde chose à savoir, quand on ouvre KIS, il ne se passe rien d’autre que son irruption sur le dock et dans la barre de menu. Pour importer les images d’une vidéo, rien de plus simple : on glisse et on dépose comme ça (l’exemple de notre tuto sera une vidéo de Venus) :

Et une petite fenêtre s’ouvre.

En bas à gauche sont indiquées le nombre d’images constituant la vidéo. A droite, 4 boutons.

– Accept : permet d’accepter l’image visible dans le fenêtre (et le logiciel passe à la suivante), ça peut être assez répétitif, c’est pour ça que je conseille de faire :

– Accept All Remaining : permet d’accepter TOUTES les images de la vidéo.

Et puis « Reject » et « Reject All Remaining » c’est l’opposé : refus de l’image ou des images de la vidéo (et donc de la vidéo).

Un conseil, pour éviter d’apporter des images trop grandes dont on ne voudra traiter qu’une partie : on peut sélectionner la zone à importer, en dessinant un simple rectangle de sélection dans la fenêtre.

Une fois que vous avez accepté tout (ou une partie) de la vidéo, KIS bosse (apparition d’une barre de progression) et vous devriez tomber sur deux fenêtre comme ceci (à redimensionner et/ou réordonner si nécessaire) :

La fenêtre de gauche montre une planche qui expose toutes les images de la vidéo. Toutes? Pas tout le temps car on voit parfois apparaître un « MORE -> ». On peut voir les « planches » suivantes en faisant « alt+( » ou « alt+) » (en fait, les accolades « {« , « } » ). Et un seul survol de la souris suffit à faire défiler les images dans le « Frame Inspector », à droite. Vraiment pratique quand on veut inspecter rapidement les « frames ».

Quelques commandes essentielles à connaitre pour se servir parfaitement de ces fenêtres :

Cmd+A sert à tout sélectionner ;

Cmd+D à tout désélectionner ;

Un clic sur une « frame » la coche et l’élimine du programme de traitement ;

Shift+Clic sert à sélectionner UNE image.

 

La première phase sera d’aligner les images. KIS offre différents niveaux de souplesse et de solutions pour l’alignement, en fonction de la qualité d’alignement d’origine des images de la vidéo.

Mais tout d’abord, cherchons une image de « référence », qui devra être celle qui servira de référence à logiciel. Une fois que vous l’avez (par survol de la souris simplement), pressez la touche « R » de votre clavier et elle partira dans le coin supérieur gauche de la fenêtre des « frames ». Faites « shift+clic » pour que l’image reste dans l’inspecteur de frames. Tracez un rectangle de sélection autour de l’image de votre planète (Saturne, Jupiter, Mars ou bien ici, Vénus).

Soyez un peu large, mais pas trop.

Maintenant, sélectionnez TOUTES les images de la vidéo, ou bien seulement celle qui vous intéressent, ou vous semble être de meilleure qualité. En tout cas, votre fenêtre de frames devrait ressembler à ça si vous avez tout sélectionné (images bordées de jaune) :

Voici la partie la plus ardue. Il s’agit de demander au logiciel d’analyser les image et de les aligner par rapport à l’image de référence. Pour cela, je vous parlais des « solutions » d’alignement. On les « invoque » via les touches du clavier numérique, de 1 à 8.

La méthode via le 1 est recommandée pour les images mal alignées, avec un mauvais suivi, quand ça dépasse 15 pixels.

Celle du 2, du 3 pour des images qui bougent moins, entre 15 et 5 pixels.

La 4 permet de préciser l’alignement, et d’une manière générale aligne des images dont le bougé est faible.

La 5 est comme la 4 mais plus lente (et donc plus efficace).

Les 6, 7, et 8 sont des méthodes qui incluent la rotation de l’image. A éviter sur des images planétaires.

Donc nous allons plutôt utiliser les méthodes 1, 2 ou 3.

Êtes-vous prêt à aligner? OUIIIIIII. Bon, si vous insistez ;) .

Pressez la touche 1 par exemple, et ensuite, cliquer sur n’importe quelle image dans la fenêtre des frames. Et oh oh! Ça travaille (apparition d’une barre de progression et clignotement des bordures des miniatures). Le logiciel analyse les images et les aligne. Vous pouvez suivre la procédure dans l’inspecteur de frames.

Une fois qu’il a terminé, on revient à notre espace de travail. Il est temps maintenant de faire l’empilement des images (ou « stacking »). Pour cela, rien de plus simple : aller dans Opérations>Stack all included frames, comme ici :

Laissons le travailler, et une nouvelle fenêtre apparait : le « frame stack ».

C’est sur cette image que nous allons travailler. Augmentation de la netteté, du contraste, etc.

Nous n’allons nous pencher que sur l’amélioration de la finesse, accessible via deux traitements : « Unsharp mask » ou « Laplcian Pyramid Sharpen » accesibles via « Operations » dans le menu.

Pour voir le résultat d’un traitement sur un partie de l’image située dans « frame stack », il faut tracer un rectangle de sélection. Pour « Unsharp Mask », il faut savoir manipuler le « radius » et « l’intensity » qui vont respectivement commander à la surface de travail du renforcement de contraste, et son intensité. Je conseille de fixer le radius à 1.2 ou 1.1, et de jouer sur intensity.

Pour le « Laplacian Pyramid Sharpen », il y a plus de réglages accessibles, mais c’est un algorithme différent qui peut donner de meilleurs ou de moins bons résultat que l’unsharp.

Ici aussi, sélection dans le petit cadre pour voir le résultat. Les curseurs de réglages vont du plus fin au plus gros, de haut en bas. Généralement, il faut que le plus fin soit le plus intense, les suivants devant suivre une sorte de décroissance, comme ici :

Après, c’est à vous de faire des tests, de regarder quel algorithme convient le mieux, quelle est la meilleure recette etc. ;)

 

C’est bon? Vous êtes satisfaits de votre travail? Il est temps de l’enregistrer sur le disque dur.

Je recommande de sauver en 32-bit Pict, qui est un format qui sera lisible dans Aperçu.

 

Le logiciel Aperçu vous permettra par la suite d’enregistrer dans un format plus courant comme du Jpeg ou du Png (je recommande le PNG qui conservera un max d’infos sans être très lourd).

Le mot de la fin, pour le fun

Et voilà, vous venez de faire vos premiers pas en imagerie astro sur Mac. Vous voyez, ce n’est pas si sorcier que cela ;) . Alors? Qui qui disait que Mac et Astro étaient incompatibles :D ?

 

VICTOIRE! Le projet de balcons au Mercantour annulé!

C’est avec une grand joie que je vous annonce que le projet de balcons au Parc National du Mercantour a été annulé. Je vous avait fait part dans un précédent article que j’étais contre et que je vous incitait à aller signer la pétition.
Voir l’article http://vigilance-mercantour.fr/blog/?p=141

Cet endroit magnifique est sauvé!

Mais sachons prudence garder, et il faut surveiller maintenant comment va être mené le prochain projet (car il y en a de prévu).

La tempête Klaus, vue satellite MODIS

Samedi 24 Janvier 2009 frappait la tempête nommée « Klaus ». Elle est passée sur le Sud Ouest du pays entraînant des dégâts considérables, et plus important encore que ceux de la tempête de Décembre 99. 

J’ai fais un portrait de cette magnifique tempête à partir de 4 image du MODIS

Version haute-résolution (9.3 Mo – 5000×5600 px)

Inexplicable

C’est le mot avec lequel ce a quoi j’ai assisté peu après midi. J’ai voulu déplacer la fenêtre iTunes avec Exposé, et elle s’est soudainement évadée de l’écran. J’ai pris une photo. Cela ne s’est plus reproduit par la suite. Vraiment, un étrange phénomène.

 

Après plusieurs tentatives infructueuses, j’ai réussi à attraper la fenêtre du navigateur web Safari. 

Tentative de ciel profond à la webcam : M42

Samedi dernier, j’étais sorti dans l’idée de me faire Vénus. Rahh, ce n’est que une image! Je vais pas passer la nuit avec Vénus dans mon lit! Qu’ils sont restés enfants tous. Non, j’ai voulu capturer l’image de la planète Vénus avec mon télescope et ma webcam, voilà ce que je voulais dire.

Malheureusement, Eole en avait décidé autrement en m’amenant quelques nuages opaques histoire de me faire marroner sévèrement (en plus de la turbulence dont au sujet de laquelle je préfère ne pas en parler).

Pis Orion était levé, le scope impeccablement mis en station, et rien d’autre à se mettre sous la dent. Hop, direction M42. Enlevage du dispositif de projection oculaire, mise au foyer la cam, pointage, centrage, mise au point, et paf, ça fait des Chocapic®©. Enfin, le Trapèze de la célèbre nébuleuse, 42ème du nom chez monsieur Messier (non, pas Jean-Marie, Charles, faut suivre un peu :D ). Je met le gain à fond, l’obturation au minimum, le gain presque au taquet. Bon, on ne voit pas les extensions. Prenons un mov d’une minute (chez les PC, on dit « prendre un avi »). Je traite rapido ça dans Keith’s Image Stacker. Ah? Niveaux auto, poussons un peu les seuils. Ah, on voit des nébulosités. Mais y a une belle trame. Bon, pas grave, je ferais un dark artificiel, je sais bien les faire.

Et hop, je prend 6 mov d’une minute chacun. Je traite tout ça, et les 6 fichiers finaux (du pic), je les aligne/additionne. Ça rend pas mal. Passage sous Gimp pour retirer la trame. Impeccable. Niveaux, saturation.

Et ça donne ça :

Pas mal pour une webcam sans la modif longue pose

Tenez, pour voir le chemin accompli, une « brute » d’une des 6 vidéos.

[Trop, c'est trop!] Pollution lumineuse à Luminy

Depuis que j’ai mon studio, je profite d’une belle vue sur Luminy et les collines environnantes. Malheureusement, de nuit, je dois faire avec les puissants projecteurs halogènes de bâtiments situés à plus de 800m de là. Mais jusque là, je réussissais à m’en accommoder.

Mais depuis hier, des nouveaux projecteurs ont été installés. D’une puissance de 1000 Watts, ils éclairent massivement le contrebas des studios, provoquant un nouvel halo, démesuré. Voici le résultat -scandaleux- en images.

Voici une vue depuis le chemin d’accès au Parc Naturel des Calanques du Sugiton. Constatez combien les Mont Puget est visible sur cette image de 8 s de pose à 64iso.

Je trouve que l’arbre est très beau, on voit parfaitement bien sa cîme. Et ne parlons pas de l’herbe dont on peut compter les brins.

Ah ben si quelqu’un se casse la figure ici, c’est vraiment qu’il n’y voit rien. On peut aussi constater à quel point les murs sont beaux.

Mais le mieux est de voir ça en panoramique. Je voudrais ici remercier chaleureusement le CROUS de Aix-Marseille pour leur attention si particulière accordée au cadre de vie des étudiants. Bon, on ne voit plus les étoiles, on ne fait plus la différence entre le jour et la nuit, ça perturbe la faune et la flore (dans la cité U, mais aussi dans le parc naturel adjacent) mais ça, ce ne sont que des détails. Autre détail sans importance : ça fait de la lumière inutilement perdue et de l’électricité gaspillée, mais comme je le dit, ça n’a aucune forme d’importance. Et le fait que l’éclairage ait été installé sans faire de demande spéciale, ni de consultation auprès des premiers intéressés, sans se préoccuper de la façon dont on pouvait éclairer plus intelligemment l’endroit, cela non plus, on s’en fout un peu.

En bonus : je peux maintenant y voir dans mon studio sans avoir besoin de m’éclairer, le CROUS le fait pour moi. Alors on dit : MERCI LE CROUS!!!

L’Europe sous la neige

Le site des satellites défilants MODIS du GFSC et de la NASA met à disposition et gratuitement de nombreuses images de la planète avec une résolution de 250m par pixel.

Durant cette dernière semaine, la France et l’Europe de l’Ouest plus généralement on connu de nombreuses chutes de neiges. La plupart ont bien tenu. Depuis l’espace, tout ceci est bien visible (à condition que le ciel soit dégagé).

Ce site ne fournissant pas d’image totale, j’ai décidé de faire un assemblage de 4 vues sur l’Europe de l’Ouest car aujourd’hui, le ciel est assez dégagé, en particulier sur la France.

Voici l’image :)

Le lien vers le fichier haute-résolution (17.9 Mo)

One more thing… the iSolator!

Une annonce un peu « Apple Keynote » pour vous montrer mon dernier objet pour isoler mon Macbook Pro du froid lors des longues nuits hivernales dédiées à l’imagerie sur mon télescope.

Donc plutôt que de prendre une boite en carton encombrante et qui risque de ne pas durer longtemps, j’ai pris l’option de faire un habillage, avec du polystyrène expansé extrudé que j’ai récupéré à mon école des beaux-arts et de carton (également récupéré, mais d’un kit de mobilier en carton dont certaines parties se sont démembrées).

L’objectif est double : éviter le dépôt de rosée (ou de givre) sur l’écran et sur le clavier, et conserver une certaine chaleur en dessous de la machine pour que les batteries puissent tenir aussi longtemps que possible.

Donc, les photos et les explications.

La partie centrale, constituée de deux plaques de 20mm, une pour la base et l’autre pour le cadre. Un trou pratiqué sers au passage du cordon USB de la webcam.

Vue de profil

La partie « écran » constituée de 3 plaques en carton (du double cannelure pour les techniciens ;) ) et d’une feuille de plastique rouge utilisée en sérigraphie pour réaliser des typons. Un rouge pur qui servira à filtrer l’éclat de l’écran sans se faire mal aux yeux.

Donc on place le MBP dans la partie centrale. Ça passe tout juste mais au moins, il est bien calé.

Et puis la protection de l’écran.

J’ai volontairement surdimensionné les parties latérales pour que la rosée se dépose moins vite.

Dans l’obscurité (au clair de Lune ;) ).

Le clavier rétroéclairé du Mac est un vrai plus que l’on ne retrouve pas chez les PC (à ma connaissance). Notons que l’on peut disposer une feuille de plastique rouge sur celui-ci mais la luminosité du clavier est réglable.

Voici le passage USB.

Et voilà, la configuration est okay ;) .

Sur le terrain, c’est vraiment rapide à installer, et vraiment profitable. De plus, on peut fermer le clapet sans rien enlever et cela permet donc de mettre en veille l’ordinateur sans toucher à rien.

 

Bon, je file contacter Steve Jobs, ça peut l’intéresser :D Non? Bon.

 

Enfin voilà, « thats the iSolator, pretty cool, no? »