L’an dernier j’avais publié un article sur la construction d’un étui pour mon synthé, et comment je m’étais dirigée vers une esthétique TARDIS, même si celle-ci ne sautait pas franchement aux yeux.
J’ai profité d’une période de calme la semaine dernière pour reprendre cet étui et y ajouter un élément incontournable de son esthétique : la plaque située sur sa porte gauche, qui sert de petite porte pour le téléphone qui est dedans (sauf qu’ensuite le Docteur demandera à ce que le téléphone soit accessible depuis l’intérieur). Je vais m’attacher à reproduire cette plaque, mais avec quelques petites modifications car mon étui ne va pas abriter un téléphone mais un synthé.
Voici ma version de cette plaque, fait sous Inkscape, et donc vectorisée.
Mon intention au départ était de faire appel à une entreprise locale spécialisée dans la découpe laser pour obtenir un jeu de lettres que j’aurais pu disposer sur une planche en bois peinte en noir. Ou sur une plaque de PVC noir. Peu importe. Pour apprendre que pour une découpe laser, les petits caractères allaient être compliqués à obtenir car le I par exemple fait à peine 2mm de large. Je dois donc changer mon fusil d’épaule et trouver une autre solution.
Cette autre solution viendra avec mon imprimante 3D, qui permettra une impression de toutes les lettres. Il ne me manquait quelques éléments supplémentaires pour m’y mettre sérieusement. De la peinture bleue, la même que j’avais utilisé avant. C’est de la peinture pour carrosserie sous forme de bombe. C’est dans un Norauto que je fini par en trouver. J’achète aussi de la peinture noire et blanche, de la colle dite « glycéro » pour une bonne tenue et un bon pouvoir couvrant. Enfin, une autre bombe, de vernis transparent, une laque quoi, pour verrouiller le résultat final.
Avant tout ceci, j’avais changé les loquets, ou fermoirs, car les précédents ne correspondaient pas à cette esthétique « coffre » que je voulais. J’en trouve et les remplace. Et ça donne bien mieux.
Vous constaterez que derrière se trouvent deux pièces de bois qui servaient de supports aux anciens fermoirs, surtout pour les vis qui risquaient de forer de l’autre côté. Ceux-ci seront enlevés, il faudra repeindre par dessus.
Je m’attèle désormais à faire le support et le cadre. Je n’aurais pas d’autre choix que d’utiliser des lamelles en bois aux bords arrondis, car je n’en trouve pas aux bords durs. La plaque sera du contreplaqué 5 mm. Découpe, ajustements, papier de verre tout ça. Disposition pour voir. Car c’est là que sera posée cette plaque.
J’imprime sur papier A4 le texte de cette plaque pour le mettre dans le contexte. Afin d’avoir un premier sentiment et une prévisualisation du résultat final.
Je marque les positions des divers éléments, et il est temps de coller le cadre. Pas le fond car j’en aurais besoin. Vous connaissez la chanson : colle à bois et séchage d’une journée.
Le gros du sujet : le lettrage. J’avais déjà fait l’extrusion 3D du fichier vectoriel. Les lettres feront 1 mm d’épaisseur. Ça peut sembler faible mais ce sera vraiment visible.
Et importation dans la découpeuse pour impression.
Allons-y !
C’est quand même un drôle de sentiment de voir sous ses yeux un objet se construire après l’avoir vu qu’en 3D dans mon ordinateur. Au passage, j’ai du annuler la première impression car il y avait un gros problème : la hauteur de la plaque était inconsistante et les pièces n’adhéraient par correctement au support, ce qui a conduit à leur arrachage durant le process. J’ai donc du refaire la mise à niveau, la calibration tout ça. Le deuxième jet sera définitif avec des lettres tenant fermement au support. J’ai même mis de la colle « spéciale » (en fait juste de la colle en bâton d’écolier) pour être sûre et certaine de l’adhérence.
Puis, 1h30 plus tard, l’impression se termine. Je suis bluffée par le résultat. Ouiii y a quelques imperfections de ci et de là mais c’est peu visible. C’est grisant. J’ai pas envie d’y toucher. C’est trop beau !
Parce que maintenant faut bien trouver un moyen de transférer ces lettres sur la plaque en bois, qui devra être peinte en noir au passage, tout en préservant au millimètre près le placement et l’espacement des caractères. Sachant que toutes les lettres vont devoir être peintes en blanc avant. Oui, je pourrais essayer de décalquer d’une manière ou d’une autre le texte sorti à l’imprimante sur la planche de bois. Et ensuite, peindre les lettres une par une en veillant à ne pas déborder sur le fond. Trop compliqué, trop hasardeux. Il me faut développer une méthode.
Je finis par en trouver une.
Tout d’abord, je transfert les lettres sur un support papier, en les collant légèrement avec la colle à papier. Important que ce soit cette colle car elle est lavable à l’eau chaude. Une fois sur le support papier, je peindrais toutes les lettres. Puis, quand tout sera sec, je plaquerai dessus un autre papier, encollé, que je retournerai, pour enlever la première feuille. Rappel qu’en théorie ce sera facile car le collage sera assez faiblement résistant. Je me retrouverai avec tout mon texte, retourné, la base des lettres me faisant face. Il me suffira d’encoller celles-ci avec une colle universelle, et de déposer le tout sur la plaque préalablement peinte en noir, ôter la seconde feuille et voilà.
Maintenant, place à la pratique.
Le déplacement des lettres est assez long et fastidieux («NON MAIS C’EST FASTIDIEUX À LA FIN !!»), surtout décrocher les lettres du support d’impression. Finalement la colle n’était pas nécessaire du tout.
Finalement, tout est transféré, presque deux heures plus tard (oui, 2h).
J’aime bien l’aspect fantomatique du texte sur la plaque d’impression.
Tout est prêt pour peindre les lettres. Là aussi, ça prendra un certain temps.
La première couche est posée. Je reviendrai pour une nouvelle couche le lendemain. Mais le résultat est pas trop mal !
Le jour même je m’occupe de peindre la plaque. Ça prendra bien moins de temps, clairement !
Pendant que le séchage de la plaque se termine, et en ayant bien vérifié que la 2nde couche de peinture des lettres était bien sèche, place au second transfert. Je dessine des traits qui m’aident à aligner les deux feuilles de papier. Celle où sont disposées les lettres se retrouve allégée pour pas que du papier colle sur l’autre feuille. Sur la seconde feuille, je dessine grossièrement les zones où le texte atterrira, pour ne coller que ces zones là.
L’alignement est nickel, je presse fort, et j’attends le séchage, peu long.
Et je finis par enlever la première feuille de papier. Je constate que de la peinture blanche s’est glissée sur la plupart des lettres. Je devrais nettoyer ces parties là, car c’est ici que je mettrais la colle définitive.
Après nettoyage avec la lame de mon cutter, tant pour découper l’excès de peinture sur les arrêtes que pour gratter l’excès sous les lettres, comme une spatule en gros.
Dernier transfert, définitif celui-ci, des lettres sur la plaque en bois peinte en noir, bien sèche désormais. Je pose aussi vite et aussi précisément que possible la colle universelle sur les lettres, et je retourne et dispose le tout sur la plaque, pourvue de bande de masquage marquée pour bien repérer la ligne centrale. Je presse fort, et laisse un moment sous presse pour que la colle prenne le mieux possible.
Et puis, vient le moment décisif : enlever la feuille de papier. Et l’affaire n’est pas mince car ce coup-ci la colle en bâton se trouve assez forte. Le papier se déchire à de nombreux points, et de la peinture est arrachée par endroits. C’est pas très joli, mais au moins, les lettres tiennent fermement sur la plaque.
Le papier totalement enlevé. On voit bien les bandes de papiers résiduelles. Ainsi que les quelques lettres affectées par la peinture qui a sauté.
Mais le nettoyage est en fait très simple : comme cette peinture n’est pas sensible, je peux mouiller l’ensemble pour que les papiers et la colle se détachent aisément. Encore une fois, j’use de mon cutter comme d’une spatule.
C’est désormais nettoyé et j’ai également effectué les retouches de peinture nécessaires. Ça ressemble enfin à quelque chose !!
Je trouve ça vraiment fantastique ! C’est vraiment le résultat que je voulais et je suis à cet instant vraiment fière de mon travail 🙂
Je terminerai le travail sur cette plaque en un coup de vernis transparent pour protéger les peintures et m’assurer une meilleure solidité de l’ensemble.
Je comptais au départ coller l’objet dans le cadre présent sur l’étui, mais en fin de compte, j’opterai pour un vissage, me permettant de pouvoir l’enlever si jamais je devais intervenir d’une manière ou d’une autre dessus.
Et… Voilà ! C’est terminé ! Après une semaine de travail dessus, mon étui TARDIS ressemble vraiment à quelque chose !
Vue plus globale de l’ensemble.
C’est la première fois que je m’implique autant dans une réplique d’accessoire de série. J’ai appris pas mal de choses au passage, j’ai déjà en tête une façon de simplifier le process, car j’ai l’intention de reproduire des pans entier du TARDIS à l’avenir.
Ce qui me reste à faire pour terminer cet étui, car oui, il reste des choses à faire. Me fabriquer une vraie bandoulière plus confortable, et qui fasse plus Time Lord (enfin… Lady). Et faire l’intérieur pour que ça ressemble plus à l’intérieur à un TARDIS. Je pense m’orienter vers l’esthétique classique. A voir !
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