Éclipse partielle de Lune du 28 Août 2026

Aucun commentaire • Expédié le 28 août 2026 à 17:43 dans AstronomieÉclipses

Comme bien souvent, une éclipse de Soleil (partielle ou non) est liée à une éclipse de Lune (partielle ou non, par la pénombre ou non).

Je croyais au départ, assez naïvement, que l’éclipse de Lune qui suivait celle, solaire, du 12 Août n’allait pas être visible depuis la France. Or, ce n’étais pas le cas et une bonne portion du phénomène allait être visible. Toutefois, cette éclipse de Lune n’allait pas être totale, seulement partielle, mais avec un beau coefficient d’éclipse (96% environ).

Petite curiosité amusante : les conditions de visibilité de cette éclipse, ici, allaient être le miroir, mais en fin de nuit, de l’éclipse solaire du 12 Août, avec un coucher de Lune éclipsé, à peu près dans le même secteur du ciel.

La seule inconnue : la météo. Est-ce que le ciel allait être de la partie ? Jusqu’au dernier moment, les modélisations voyaient un ciel mitigé, bien qu’une large trouée était vue à partir de 5h du matin.

4h du matin. Le 28 Août 2026. Le réveil sonne, et je m’habille dans la foulée et charge la voiture. Direction un ensemble sportif qui allait offrir un horizon dégagé à l’Ouest.

Je pars alors que quelques gouttes tombent sur le pare-brise. Arrivée sur place, en peu de temps, la petite averse s’estompe. Je peux sortir le matériel, alors que le ciel est encore pas mal encombré. Vers l’Ouest et le Nord, des flashs signalent la présence d’orages en Gironde et en Charente. Ceux-ci ne vont pas m’intéresser ni me concerner.

Je finis de monter le télescope, de faire quelques réglages. À l’oculaire la Lune est éblouissante. Mais elle se masque de nouveau de nuages. Cela ne dure pas car une immense trouée se met en place. L’air lui-même semble s’assécher. Peut-être les orages ?

Quoiqu’il en soit, ça me permet de faire la mise en station correctement (cette fois-ci, mais de nuit c’est quand même plus facile) et de faire les premiers clichés, via le 70D.

L’éclipse est déjà bien avancée.

La Pleine Lune, dont toute une partie est plongée dans l'ombre de la Terre, qui forme une douce courbe arrondie sur le disque lunaire.

Avec une exposition plus importante, l’ombre terrestre offre ses couleurs.

Avec une exposition plus forte, on révèle l'intérieur de l'ombre posée sur la Lune et on constate des teintes légèrement cuivrées

Je m’offre une coquetterie : mon tout nouveau 450D que je met sur le trépied photo pour faire des photos contextuelles, comme lors de l’éclipse de Soleil en Espagne. Bah quoi ?

Photo à grand angle au bord d'un terrain de foot d'établissement scolaire, quelques bâtiments et une poignée d'arbres forment l'horizon. Dans le ciel étoilé au dessus trône la Lune, et un banc de nuages près de l'horizon

Une éclipse de Lune c’est moins d’émotions qu’une éclipse de Soleil (surtout quand on a vu une totale). C’est pas le genre de phénomène céleste qui attire les foules. Mais quelque part, ça renforce ce lien d’intimité qui se tisse avec la Lune. Je suis seule ici, dans cet endroit, sous ce ciel. Et notre satellite naturel plonge doucement dans l’ombre de l’astre sur lequel tout repose.

La Lune devient moins lumineuse à mesure que celle-ci s’éclipse.

Même vue, mais la luminosité de la Lune est moins forte . Quelques nuages menacent encore la scène

Le maximum est désormais pour bientôt, il reste un petit quart d’heure. Je fais une exposition plus forte de la scène au télescope. Les étoiles se manifestent, et le fond du ciel n’est plus noir, car la nuit va toucher à sa fin, l’aube est déjà évidente à l’Est.

Une bonne partie de la Lune est dans l'ombre terrestre. La forte sensibilité de la prise de vue permet de bien mettre en évidence les teintes rouges des couleurs qui se posent sur l'astre, tandis que la portion hors ombre est surexposée. Des étoiles sont visibles sur un ciel qui n'est plus noir.

Puis, quelques minutes avant.

Exposition plus raisonnable de la Lune éclipsée qui maintient toutefois ses teintes rouges

Je saisis une toute dernière fois le portrait de la Lune éclipsée juste avant que des nuages bas n’arrivent recouvrent définitivement le ciel.

Zoom juste avant que la Lune ne soit envahie de nuages. C'est le maximum, on parvient à voir le disque rouge de la Lune et son tout petit bout encore illuminé. Des lampadaires se sont allumés en dessous et éclairent une route vide.

Et je dois remballer le matériel. Consciente de ne pas avoir vu tout le phénomène, et consciente qu’une partielle de Lune est quand même frustrante. Mais je suis satisfaite car j’aurais pu voir deux éclipses ce mois-ci 🙂

La prochaine éclipse lunaire visible depuis chez moi se produira le 12 Janvier 2028, partielle également et la prochaine totale, le 20 Décembre 2029, ce qui commence à faire loin. Et en Décembre, les conditions météo seront plus qu’incertaines.

Je termine cet article par une planche qui récapitule cette éclipse, qui était malgré tout très belle à observer. Rendez-vous à la prochaine !

Planche qui récapitule les clichés pris cette matinée. En haut un chapelet de plusieurs étapes de l'éclipse, exposées correctement pour bien voir la surface lunaire. En dessous, mêmes étapes à peu près, mais surexposées pour bien voir les couleurs à l'intérieur de l'ombre terrestre. Au centre on peut lire en lettres capitales Eclipse Partielle de Lune. Et en dessous aligné à droite ça dit Le 28 Août 2026. Tout en bas, les crédits avec mon prénom, nom et site web

Orages et Plages en Pays Basque

Aucun commentaire • Expédié le 22 août 2026 à 11:03 dans MétéoMontagneOragePaysage

Entre le 8 et 15 août, je séjournais en Pays Basque français du côté de Dax avec des amies. L’un des objectifs étant de pouvoir se rendre plus facilement en Espagne pour l’éclipse totale de Soleil. L’autre objectif étant : repos. On va chill sur les plages, faire trempette. Et c’est à peu près ce qui s’est passé.

Début de séjour marqué par de l’instabilité, avec des orages qui se manifestent dès notre arrivée. En vérité, j’ai observé les premiers développements cumuliformes sur les Pyrénées dès le milieu de la journée et ceux-ci ont vite envahit le ciel durant l’après-midi, jusqu’au soir. Et cela faisait longtemps que je n’avais plus vu d’aussi belles structures orageuses.

En ultra grand angle, ciel orageux et chaotique de nuages menaçants. L'horizon est sombre et des rideaux de pluie sont visibles, passant devant les Pyrénées, avec les couleurs du couchant au travers

Ambiance sur les Pyrénées.

Zoom sur le rideau de pluie qui masque une partie des Pyrénées dans la lumière presque crépusculaire du soir.

Le lendemain, direction la plage, à Seignosse (plage des Casernes). Je renoue le contact avec l’océan, contact perdu depuis 10 ans désormais.

Bord de mer, avec l'eau qui s'est abattue sur le sable luisant et étincelant, laissant beaucoup d'écume. Le tout sous un Soleil présent mais qui commence à être masqué par l'enclume d'un nuage d'orages qui nait bien plus loin, à gauche au delà de l'horizon

Et comme la veille, les conditions instables sont toujours présentes. L’on voit bien le cumulo-nimbus qui s’est déjà développé et va envahir progressivement le ciel de son enclume.

La même vue mais plus haute dans le ciel qui montre plus du nuage orageux qui recouvre de plus en plus le Soleil. Des rais de lumières bordent l'ombre du nuage qui se projette dans le ciel.

Masquant au passage le Soleil dans cette éclipse somme toute très banale. L’ambiance est toutefois sympathique et inédite pour moi.

Toujours depuis le bord de l'eau sur la plage, le cumulonimbus recouvre le Soleil, assombrissant la scène. Le ciel devient menaçant.

Le soir-même, depuis le gite, l’agitation kéraunique est clairement visible et je peux prendre des photos, au calme, depuis la terrasse. De photos que je n’ai jamais pu réaliser depuis Saint-Astier, du fait de manque de points de vues adéquats et de conditions de visibilité de l’activité orageuse nulles (bien souvent intranuageuse et confinée au rideau de pluie). Ici, la pluie est plus modérée, et surtout, l’activité électrique est bien visible.

Dans un paysage de campagne, au dessus de la forêt plongée dans la nuit, des éclairs zèbrent le ciel et éclairent les nuages

Un nouvel éclair se manifeste et traverse tout le ciel en ondulant légèrement

Eclairs et impact de foudre dans le lointain. Un petit nuage masque en partie l'impact de foudre

Nouvel impact de foudre, plus proche. Quelques nuages déchirées se profilent devant, sous un ciel chaotique révélé par la foudre

Je voudrais photographier plus, mais je dois économiser la batterie de mon 70D. En effet, j’ai oublié le chargeur à la maison et il ne me reste plus que 50% d’autonomie. Mais je découvrirai à la fin du séjour que j’avais encore suffisamment de capacité pour continuer les prises de vues. Mais je ne voulais pas risquer de me retrouver privée d’un boitier pour les photos de l’éclipse du 12 Août.

Soirée au coin de la lampe LED rouge avec les collègues astronomes, voisins du gite, sous la Voie Lactée, au lendemain de l’éclipse.

Scène nocturne façon feu de camps. Des gens sont regroupés autour mais on ne peut définir leur contours, floutés par l'exposition longue de la photo qui doit révéler le ciel étoilé au dessus de la scène ainsi que la Voie Lactée, que l'on parvient à identifier dans cette photo bruitée car ayant été prise avec les paramètres ISO les plus élevés

Dernière journée de plage avant le retour au bercail le lendemain.

Ces ambiances sont douces. L’air n’est plus brûlant, ni même vraiment chaud. C’est doux, l’eau n’est pas froide dans cette atmosphère déjà nostalgique.

Soleil au dessus de l'océan qui reflète sa lumière sur l'eau et le sable lissé, doux, presque comme du velours. Une silhouette de baigneur se profile entre deux vagues sous le Soleil

On écouterait bien des chansons de Laurent Voulzy, lui et son rapport à la plage.

Cliché pris dans la perspective de la plage, offrant une vue sur une vague qui vient de s'abattre tout le long, se changeant en éclats de mousses et d'écumes. Un surfeur essaie de glisser sur la fine pellicule d'eau résiduelle sur le sable lissé en permanence par le resac de l'océan

«Quand vient la fin de l’été.
Sur la plage.
Il faut alors se quitter.
Peut-être pour toujours.
Oublier cette plage.»

Photo prise au raz de l'écume qui finit sa course sur le sable lisse. La plage au dessus s'étire jusqu'à l'horizon sous un ciel typique d'une fin d'après-midi d'été, au couleurs chaudes.

 

Éclipse Totale de Soleil du 12 Août 2026

2 Commentaires • Expédié le 20 août 2026 à 11:39 dans AstronomieÉclipsesPaysageSoleil

Badge de mission pour l'éclipse totale de Soleil en Espagne aux couleur du drapeau de ce pays. Contour rouge avec bordure or. Inscrite à l'intérieur suivant la bordure Eclipse Totale Espagne 2026. L'intérieur en bleu royal, avec la péninsule ibérique contourée en blanc, et le trajet de l'ombre lunaire comme une écharpe du nord ouest vers le sud est, colorée en bleu nuit, avec quelques étoiles et le Soleil éclipsé

Remontons le temps

Cet article c’est un peu l’article du « Jamais j’aurais imaginé que ».

Jamais j’aurais imaginé écrire un article sur mon blog à propos de cette éclipse que je prévois d’aller voir depuis longtemps. Vraiment longtemps.

Je n’ai jamais vraiment parlé, ici, de mon rapport aux éclipses de Soleil (même si j’ai pas mal d’articles de photos d’éclipses, qu’elles soient solaires ou lunaires). C’est l’éclipse du 10 Mai 1994 qui se chargera de faire connaître à mes yeux et à mon esprit ces phénomènes. J’avais à peine neuf ans. Je me souviendrais toujours de cette image dans le JT projeté dans l’écran cathodique de mes parents. Celle d’un Soleil à l’état de gros croissant. Un disque mangé par un autre disque, se couchant dans l’Arc de Triomphe parisien. Mais cette image n’était pas que dans le poste de télévision. Elle était là, dehors, là où le Soleil se couche, déjà bien filtré par les couches de l’atmosphère.

Je garderai longtemps en mémoire cet instant magique.

Assez rapidement je prendrais connaissance du magazine Science&Vie Junior. Qui en 1996 annonçât une nouvelle éclipse, prévue pour le 12 Octobre. Visible au beau milieu de l’après-midi. Je l’observerais au travers d’un éclat de verre de soudure (ce qui est une mauvaise chose à faire en fait et j’ai eu de la chance). Presque 50% d’occultation, dans des cieux superbes pour un début Octobre.

Puis, la nouvelle d’une éclipse totale de Soleil visible en France le 11 Août 1999 me parvint. Une carte. La trajectoire de la totalité. Zut ! Elle passe sur le Nord du territoire ! Rien pour nous ici en Dordogne. Et je baisse les bras. Je sais d’avance que mon père refusera un tel voyage pour aller voir un phénomène céleste. Inutile d’essayer de le convaincre. C’est ainsi…

Le jour de l’évènement, un ciel voilé se présentait mais celui-ci devint moins important à mesure que la Lune progressait sur le Soleil. Pourcentage d’occultation pour chez nous : 93%. Et quelque chose auquel je ne m’attendais pas : l’assombrissement du ciel, cette lumière presque électrique qui touche tout, le rafraîchissement, le silence soudain de la Nature. J’étais faite. J’étais devenue accro aux éclipses et à ce qu’elles provoquent comme sensations.

Je parviens à me faire offrir une encyclopédie sur les éclipses intitulée Éclipses, Les Rendez-Vous Célestes (Serge Brunier, Jean-Pierre Luminet), qui raconte les infinis aspects des éclipses. Les solaires, les lunaires (dont j’ignorais l’existence !), les occultations d’étoiles, de planètes. Leurs impacts sur l’Histoire. Les drames qui ont accompagné la vie de ceux qui sont allés à l’autre bout du monde pour des mois, des années, pour tenter d’observer 2, 3 voire 6 minutes de nuit en plein jour. Et à la fin, à la toute fin, des cartes. Les prochaines éclipses, jusqu’en 2060 (si mes souvenirs sont bons). Et parmi tout un tas d’éclipses qui jamais ne toucheraient l’Europe, on avait une exception, celle de 2026, pile au Nord de l’Espagne. C’était déjà décidé dans ma tête : cette éclipse, j’irais la voir.

Pendant ce temps, des partielles, je continuerai d’en observer. 3 Octobre 2005, annulaire en Espagne, vue depuis Marseille, quelques photos argentiques ici. 29 Mars 2006, totale sur une partie de l’Afrique centrale et septentrionale, puis en Asie, observée également depuis Marseille. 4 Janvier 2011, depuis Marseille. Partielle sur le globe. Ciel bouché. 20 Mars 2015, observée depuis Dijon et documentée ici. Le 10 Juin 2021, partielle observée et photographiée pour la première fois au foyer de mon 200/1000, article ici. Et enfin, l’éclipse partielle du 29 Mars 2025, qui m’aura servie de répétition pour l’éclipse dont cet article va pouvoir parler.

Attente et préparatifs

Quelques mois avant l’évènement, les choses étaient pourtant incertaines quant à ma capacité à pouvoir me rendre sur place. Depuis Saint-Astier, cela ferait beaucoup de route pour aller en Espagne. Et je ne savais pas m’y prendre pour réserver un hôtel à l’avance. Sans parler des tarifs pratiqués. Finalement, une amie se proposa de m’héberger dans un gite de vacances en pays basque, non loin de Dax. Cela divisera par deux le trajet. Les choses s’accélèrent et pour la première fois dans ma vie, je peux enfin avoir les moyens de concrétiser ce rêve : voir une éclipse totale de Soleil.

Je veux en profiter mais aussi, je veux pouvoir faire des photos de l’évènement. Je met en place mon protocole qui se finalise quelques semaines avant le Jour J :

Plan assez ambitieux quand on sait que la totalité va durer 1 minute et 45 secondes, au site choisi depuis plus d’un an désormais, et qui est celui de Villahoz, à l’Ermita de la Virgen de Madrigal. Un site magnifique avec une large colline qui domine le plateau semi-aride et permet d’avoir une vue dégagée tout azimuts. Le village est tout petit, ce site touristique n’a pas l’air d’être très fréquenté. Je me dis avoir trouvé un bel endroit où il n’y aura sans doute pas beaucoup de monde (foreshadowing).

Pendant ce temps j’essaie de répéter la procédure, en imaginant le phénomène céleste se produire, à l’aide d’un chronomètre pour évaluer les durées. Difficile, mais pas infaisable.

Je partirai le Samedi 8 pour le gite et reviendrai le Samedi suivant, le 15. Et au milieu, se trouvera le trajet aller/retour dans la journée pour le site d’observation de l’éclipse. Dans le coffre de ma voiture, l’équipement est fin prêt. Jamais j’aurais imaginé que j’allais vivre cette éclipse.

Pour terminer, la veille du départ, je fais la connaissance de nos voisins de gite qui eux aussi vont partir en Espagne pour l’éclipse. Ils ont du matériel sérieux avec une lunette de 120 mm et un dobson de 400mm. Je leur parle de mon futur site d’observation et leur propose d’y venir en plan B si jamais leur plan A échouait (foreshadowing).

Le Jour J

Et nous y sommes. Le 12 Août 2026. L’un des jours les plus attendus de ma vie.

La route est quand même assez longue. 4h depuis le gite. Je suis agréablement surprise de voir que l’on va faire une très bonne partie de cette route via l’autoroute en Espagne, sans le moindre péage. Il fera chaud tout au long de la route. A Burgos, ville que l’on contourne avant de quitter « l’autovia » pour rejoindre de la nationale (ou départementale) la température s’élève alors, à 14h, à 35°C.

Finalement, l’Ermitage est en vue, il est 14h. Sauf que. J’aperçois des reflets alignés le long de la crête. Je ne tarde pas à comprendre qu’il s’agit d’autant de pare-brise de véhicules. En effet, arrivées sur place, nous constatons que l’endroit est très animé, avec pas mal de gens autour de l’Ermitage, et sur la colline attenante. Je décide de chercher une place. J’en trouve une finalement, entre deux camping-car installés là sans doute depuis plusieurs jours. Les amies qui m’accompagnent décident d’aller à l’ombre et au « frais » pour manger. Je les rejoindrais après.

Une fois le repas (très rapidement) englouti, je reviens près de ma voiture pour commencer à trouver un endroit où installer mon dispositif. Je comprends que toute une zone à gauche est réservée par des astronomes venus de Lyon, l’un d’entre eux m’explique où je peux me poser. Je fais un peu la moue en constatant que je vais devoir négocier avec un terrain pas très plat et en herbes sèches. Malgré tout je parviens à trouver un endroit où planter mon trépied.

Photo de mon futur poste de travail pour l'éclipse. Mon trépied astro et mon trépied photo sont posés côte-à-côte, et la vue se déploie sur le plateau semi-aride espagnol, sous un Soleil de plomb. A droite, un tout petit pin et un instrument placé sous une bâche de protection

Et la vue que j’aurais sur l’éclipse. C’est là, quelques part au milieu de la photo, que se présentera le Soleil Noir. La vue est parfaite. Pas un seul nuage. J’ai du mal à réaliser. J’aurais jamais imaginé que.

Le paysage du plateau espagnol. Devant, un grand champs de blé doré voir grillé au Soleil. Plus loin, les collines s'étirent, vallonnant entre de petits bocages. L'horizon semble vraiment loin, et le ciel est bleu.

Ici les trépieds poussent comme des champignons. C’est une vraie Star Party qui se profile.

Dans un paysage d'herbes grillées par le Soleil, avec une vue sur la plaine, de nombreux trépieds sont disposés, comme autant de petits arbres, certains coiffés de tissus et autres bâches de protection contre le Soleil.

Un petit échantillon de ce petit village improvisé. Et nous ne sommes qu’au début de l’après-midi. Des heures durant, d’autres véhicules arriveront. D’autres personnes viendront gonfler la population de Villahoz, la multipliant par deux voire par trois (estimation à vue de nez).

Une petite partie de ce village astronomique impromptu, écrasé de Soleil. Voitures, camping-car et autre forment des rues et des places, sur une herbe rase presque poussiéreuse.

Ainsi, commence un longue attente. Dans la chaleur. Sous un Soleil écrasant. J’entends que des voix s’élèvent depuis les abords du camping-car des lyonnais. Je reconnais ces gens, ce sont les voisins de gite. Ceux avec qui j’avais discuté deux jours plus tôt. Ils sont finalement venus ici. La raison de la querelle ? Trouver un endroit où poser le matériel. Seulement les camping-caristes étaient là depuis 3 jours (oui vous avez bien lu), et avaient déjà « réservé » depuis longtemps l’emplacement. Mais aussi et surtout, les montures sont parfaitement en station car alignées sur l’étoile polaire visible la nuit. Je décide d’intervenir et propose aux voisins de s’installer avec moi près de mon matériel. La tension finit par redescendre. Et je suis vraiment contente d’avoir des collègues astronomes avec qui partager les émotions à venir. On a encore plusieurs heures d’attente.

(suite…)

Dystopia

Un commentaire • Expédié le 25 juillet 2026 à 16:20 dans CapharnaümMétéo

Image satellite d'un grand quart Sud-Ouest de la France hexagonale, avec un panache de fumée clairement visible, émanant juste au Nord du bassin d'Arcachon. Ces fumées se dispersent vers l'Atlantique, s'enroulent, reviennent vers les terres et survolent le Tarn, la Haute-Garonne, etc.

Cette année 2026 a un goût spécial.

Même quart Sud-Ouest, 24h plus tard. Les feux de forêts ont pris de l'ampleur, le panache de fumées associé à un pyrocumulus pointe vers le Nord-Est. On voit juste à droite du panache, comme en basse couche, d'autres fumées qui prennent plein Est. De nombreux développements orageux prennent placent en même temps sur les Pyrénées, ainsi qu'au large vers l'Ouest

Amer.

Le lendemain, même zone capturée par le satellite, des nombreux nuages recouvrent le Sud-Ouest, mélangés aux fumées des incendies qui se sont diluées dans l'atmosphère.

Acre.

Le réchauffement climatique atteint des niveaux jamais imaginés il y a 10 ans.

Les 40°C dépassés plusieurs fois. Ici chez moi. Ailleurs en France.

Le bâtiment de la Fabrique à Saint-Astier, aux formes très évocatrices d'une ancienne manufacture, toiture imposante et triangulaire vue de face, larges fenêtres, notamment au rez-de-chaussée, avec les inscriptions Espace Culture, Cinéma, La Fabrique. Tout ceci sous un ciel nuageux jaunâtre très inhabituel

J’observe tout ces changements qui s’opèrent. Ici chez moi, avec la nature meurtrie qui porte les stigmates du manque d’eau. Et ce matin avec ce ciel chargé, mélange de nuages bas et de cendres d’arbres brûlés hier en Gironde.

Rue en contrebas de l'imposante église de Saint-Astier, sorte de gros bâtiment en pierre d'allure médiévale avec quelques mises à jour plus modernes de l'époque gothique. La rue à gauche monte devant des façades anciennes. Le tout sous un ciel chargé de fumées de feux forestiers

Sentiments d’impuissance. Je photographie, pour garder en mémoire ce ciel étrange, qui deviendra familier.

Vue sur la rivière de l'Isle, dont le niveau très bas est trahit par les rives à sec. Le ciel est chargé et jaunâtre

Différents visages d’une époque marquée par le changement climatique.

Trop chaud. Trop sec. Trop de fumée.

Vue presque identique, mais plus centrée sur la rive droite, avec des pelouses rases et quelques voitures garées devant des portails d'habitations.

Trop d’eau. Trop d’humidité. Pas assez de modération.

Vue légèrement décalée, plus vers la droite, montrant mieux les jardins dans l'eau, ainsi qu'un lampadaire à moitié immergé

Catastrophes.

Pendant ce temps.

Autre vue sur l'Isle, au niveau très bas donc. Un barrage est surmonté d'une fine pellicule d'eau qui indique bien un faible débit des eaux. Beaucoup d'arbres à gauche et une forêt au fond au milieu perdue dans les brumes de pollution.

Pendant ce temps l’on interroge les astres.

Pendant ce temps ça demande à ChatGPT ou à Gémini en espérant une salvation de ces hypothétiques intelligences, hérauts d’un futur peu réjouissant, où l’on oublie les objectifs à atteindre pour « plus jamais ça ».

Dans un cadre très végétal et humide, au dessus d'un des bras de l'Isle, le pont de la ville qui enjamble la rivière. Le ciel reste identique.

Quels espoirs ? Je l’ignore.

Je sais une chose.

Je veux changer de timeline. Je veux pouvoir sauter dans une autre branche de cette réalité nauséabonde gangrénée par le capitalisme et son projet mortifère, eugéniste, écocide, implacable.

Rando en Aveyron à Salles-la-Source

Aucun commentaire • Expédié le 21 avril 2026 à 09:22 dans MétéoPaysage

Ce Samedi 18 Avril, je partais pour Salles-la-Source, au prix de 3h30 de route, pour aller retrouver des collègues d’Infoclimat, pour une rencontre entre membres du Sud-Ouest.

L’occasion de découvrir un bel endroit à la géologie et à la végétation variée.

Petit résumé en photo d’un bel après-midi ensoleillé, avec une chaleur quand même assez inhabituelle pour cette mi-Avril.

Nous partons depuis le village, au pied d’une belle chute d’eau. La « Source » qui confère son nom au village (notons que beaucoup de localités française comporte « source » dans leurs noms).

Une falaise rocheuse avec pas mal d'arbres, vue d'assez près, et une belle chute d'eau à gauche de l'image qui se déverse dans un plan d'eau, sorte de mare, presque circulaire

La balade est pour le moment assez tranquille. Devant nous, de beaux paysages de collines forestières et d’herbes verdoyantes et fleuries.

Paysage de collines avec vallée sur la gauche, un village sur une pente, une rangée d'arbres en avant qui sert d'arriere-plan à un champ fleuri

Paysage assez similaire, collines et vallée, très forestier, mais ici le bocage est ouvert et une belle zone d'herbe s'étire jusqu'à nos pieds. Le ciel est bleu, parcouru de quelques nuages d'altitudes peu importants

On découvre une autre chute d’eau, beaucoup plus chétive, mais qui offre une belle palette de couleurs !

Tableau contrasté de roches exposées, de roches moussues, avec des filets d'eau qui y coulent, en cascade discrète. Des arbres accrochés aux rochers entourent le tout.

Passage derrière quelques édifices abandonnés, aux caves ouvertes qui expulsent leur fraîcheur. Repos à l’ombre bien mérité.

A l'ombre d'une paroi de mur en pierre très ancien, le chemin à son pied, étroit avec végétation imposante à l'opposé du mur, mais très proche

La rando se corse quand il s’agit de grimper via un chemin rocheux étroit, très pentu, me rappelant certains passages que j’empruntais dans le Massif des Calanques. Toutefois, je n’ai plus la souplesse et l’efficacité que j’avais alors. J’arriverai là-haut vraiment essoufflée, regrettant de ne pas avoir pris avec moi ma Ventoline (vous ai-je dit que je suis asthmatique ? J’ai découvert ça l’an dernier. Figurez-vous que… Bon, pour une autre fois).

Là haut, une halte bien reposante, sous un renfoncement dans la falaise, provoqué par l’érosion au fil des éons.

Repos au pied d'une paroi de falaise érodée, formant un col inversé dans lequel on peut s'abriter du Soleil, tout à gauche. Le reste de l'image : des arbres dont le feuillage est d'un vert éclatant.

Sous la falaise, qui forme un mur et un abri, le chemin terreux le longe, bordé d'une végétation peu épaisse

On longe un chemin en corniche, la vue est vraiment belle sur cette vallée.

Deux gros rochers anguleux, sombres et recouverts de mousses et lichens servent d'ancre au premier plan, l'arrière plan étant constitué d'une belle vue sur la vallée et les collines forestières, sous un Soleil écrasant et un ciel bleu insolent barré ci et là de trainées de condensations

Puis, nous débouchons sur le plateau, avec un paysage de causses assez typique de la région.

Paysage de causses avec un large champs fleuri, quelques arbres qui bordent le lointain. Devant nous, une clôture de fils barbelés et de ronces

Soudain : de la neige !

Oui, là-bas, tout au fond. Sur ces reliefs lointains. Le Massif Central on dirait, non ?

Zoom sur l'horizon qui dévoile ce paysage de causses, qui mêle petits arbres et champs d'herbe rases. Au loin, derrière l'horizon, se dressent des reliefs déchirés et ponctués de neige : c'est le Massif Central. Quelques cumulus humilis planent en avant

Avec les labels permettant de comprendre ce qu’on voit :

Même vue mais avec les différents reliefs avec labels. De gauche à droite : Roc des Ombres 1633 m 75.5 km, Puy Chavaroche 1739 m 72.4 km, Puy de la Tourte 1704 m 75,5 km, Puy Mary 1693 km 47,3 km, Puy de Pérache 1806 m 74,8 km et Puy Griou 1690 m, 71,5 km.

On découvre cet arbre solitaire, dans son champs d’herbes rases. Très photogénique.

Une arbre très esthétique, pratiquement symétrique, pratiquement parfait et archétypal du mot arbre, dressé sur un champs d'herbes rases et un horizon parfaitement délimité, sans aucun autre arbre alentours

Le paysage complet d’ailleurs est assez photogénique. La marche ici est aisée et on avance à belle allure. Mais il fait quand même chaud.

Encore ce paysage de causses typiques, la roche apparaît parfois là où l'herbe ne peut pas pousser. C'est légèrement ondulé. Le ciel est cireux, quelques cumulus plus important se développent sur le lointain

Soudain : re-de la neige ! C’est le Plomb du Cantal. Je crois… ? Ou le Puy de Sancy plutôt.

Quelques champs aux bordures délimitées par des haies et des clôtures, un distributeur de foin posé là, tout petit dans ce cliché fortement zoomé. Tout au fond, le Plomb du Cantal, le sommet du massif central, tacheté de neige. Quelques cumulus roulent sur le ciel

Et ici, avec les labels. Hé si c’était bien le Plomb du Cantal ! Le Puy de Sancy n’est pas visible ici.

La même vue zoomée, mais avec des labels indiquant les différents sommets. De gauche à droite : Puy Brunet 1806m 69.5 km, Plomb du Cantal 1855 m 70.3 km et Puy Gerbet 1640 m 68,8 km

«Il est fort dangereux, Frodon, de sortir de chez soi, on prend la route et si on ne regarde pas où l’on met les pieds on ne sait pas jusque où cela peut nous mener.»

Bilbon Saquet – La Communauté de l’Anneau

Chemin forestier bordé d'arbres et d'une végétation variée, qui ondule doucement avant de se perdre dans le fond.

On revient sur la bordure du plateau, où la vue est tout aussi belle, avec un village qui semble être hors du temps, préservé.

Une partie d'un village suspendu dans le temps comme dans la haute vallée, entouré de forêts et des parois rocheuse qui sont visibles ci et là. Quelques rochers sont à nos pieds, recouverts partiellement de terre et d'herbe

Dernier point de vue depuis l’endroit dit du Belvédère. Ce serait sympa d’y photographier des orages…

Vue à contrejour sur la vallée boisée, au dessus de quelques toits en ardoise, qui reflètent fortement la lumière solaire. De plus en plus de cirrus occupent le ciel.

Comme d’habitude, nous terminons notre rencontre en terrasse, verres en main.

Je devrais me résoudre à partir vers les 18h, car la route du retour va être longue également. J’arriverai de nuit en Dordogne, avec quelques flashs d’orages de chaleur qui se sont développés sur le Nord du département. Un genre de comité d’accueil en gros.

Lac de Charmes – Sol 1797 • Actu Marsrovers Images

Aucun commentaire • Expédié le 17 mars 2026 à 17:37 dans MarsPaysage

[FR]

Hé oui.

Hé oui hé oui.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas publié une Carte Postale de Mars, en provenance du rover Perseverance. J’ai trouvé le paysage sympa, pour ne pas dire magnifique, et je me suis dit que j’allais assembler la mosaïque de la caméra WATSON, où le rover prends la pose. Je ne trouve plus vraiment d’informations sur la situation actuelle du rover, les dernières mises à jour sur le site officiel datant de Décembre dernier. Mais, une chose est certaine, nous avons quitté le cratère Jezero et nous aventurons désormais sur de nouveaux domaines géologiques, après l’exploration du delta asséché. Le véhicule robotisé est sur un secteur nommé Lac de Charmes, nom français, en référence à quoi, je n’en sais rien. Oui… Ça fait un moment que je suis déconnectée des actus martiennes. Et ne me demandez pas ce que devient Curiosity !

Quoiqu’il en soit, cette nouvelle production martienne est l’occasion de mettre enfin à jour mon site Marsrovers Images, qui accueille de nouvelles images produite ces dernières années après mon burn-out de 2022. Je vais peut-être doucement m’y remettre, en tout cas ça fait plaisir de revoir tout ceci. Peut-être. J’ai également actualisé la bannière du site, je délaisse le Mont Sharp pour les paysages accidentés de Syrtis Major.

[ENG]

Oh yes.

Oh yes oh yes.

It’s been a long time since I published a Postcard from Mars, by Perseverance. I found the landscape nice, not to say gorgeous, and I let myself stitch the WATSON mosaic, where the rover self pose. I can’t find more informations about the current status of the rover, the last updates dating from last December. But a few certain things, like we have definitively left Jezero Crater, and we reach new geological terrains, after the exploration of the dried river fan. The rover is on a place called Lac de Charmes, a french name, but for what ? I don’t know. Yes… It’s been a while I’ve been connected to martians news. And don’t ask me about Curiosity on the matter.

Whatever the case, this new product is the occasion to finally update Marsrovers Images, which home new pictures made during the last years since my burn-out in 2022. I may be slowly give my take from time to time to mars rover imagery but it’s a real pleasure ! I also updated the header of the website, abandonning Mount Sharp for the rocky terrains of Syrtis Major.

Vue large sur un paysage martien, dont l'horizon est parcouru de nombreuses collines, avec la vue qui porte assez loin par endroits, surtout à droite. Toute la partie droite est occupée par le rover Perseverance, gros engin à plusieurs roues, recouvert de poussière par endroit, dont les caméras situées sur un mât observent un groupe de gros rochers juste à gauche, certains ayant reçu des marques de polissage circulaire. C'est le milieu de la journée, le Soleil illumine fortement la scène par le zénith.

7794 x 7794 px – 12.5 Mo