Cela commence toujours de la même façon : tout d’abord une rumeur à l’Est. Serait-ce nos yeux qui nous jouent des tours ? Seraient-ce des jeux de contrastes sur les couches de brumes ? L’aurore n’est pas encore arrivée, et déjà la rumeur se fait de plus en plus présente.
Puis les prises de vue de l’appareil photo confirment la rumeur qui devient réalité tangible. Et puis les choses semblent s’emballer. Il fait toujours nuit, et les nuages noctulescents sont déjà là !
A partir de là, tout peut être possible. Vont-ils provoquer une véritable éruption de filaments électriques ? Vont-il s’estomper trop vite ? Vont-il irradier à l’horizon ?
La réponse ne tarde pas à se faire connaître. Dans l’aube naissante, les voiles gagnent en intensité. Et ils se parent de subtiles dentelles.
Le spectacle au dessus des tours de verre et d’acier est sublime. Je prend un panorama à haute-résolution sur les voiles diaphanes.
Le noeud du spectacle se déroule à ce moment là. Cet instant où la lumière solaire illumine avec force les nuages noctulescents, et que l’aube n’est pas encore trop insistante.
Mais cette dernière arrive, inéluctablement.
Des draperies déchaînées résistent encore. Je reste comme hypnotisé par elles.
Oui, il est temps de rentrer. Les NLC tirent leur révérence au dessus du centre urbain.
3h du matin. Si au moins ce métro pouvait être ouvert à cette heure-ci ! Mais non, il faut que je marche, durant 3 kilomètres afin de parvenir au point de vue Ultime. L’endroit où j’espère obtenir LE cliché. Je crois prendre un raccourci, mais en fait il me fait perdre du terrain. Je parviens toutefois à l’Erasmusbrug. Je jette un oeil en direction de l’Est, là où tout doit basculer. Et le contact est brutal. Entre les tours de béton, d’acier et de verre, des ondes diaphanes, aux lueurs électriques. ILS sont là. Les NLC…
Je m’immobilise un temps sur l’Erasmusbrug. Je prend ce panorama que j’aurais voulu prendre l’an passé, tant qu’il était encore temps. Le Willemsbrug est visible, enjambant la Maas. Et au dessus, l’objet de tous mes désirs…
Je gagne une structure située un peu au dessus du quai situé à l’Est de l’Erasmusbrug. Vision insolite d’une ville ultra-moderne surmontée de nuages surréels.
Les anges qui m’avaient enivrés l’an passé sont là de nouveau, à tisser la toile céleste. Je peine à en croire mes yeux.
Un tout petit peu plus tard. La structure semble comme immuable, suspendue dans le temps et le vide presque spatial de la mésosphère.
Pour la tour de droite, c’est sans doute un spectacle inédit car elle s’est érigée sur le sol de la ville en quelques années. Je me souviens encore des grues qui s’élevaient en cet endroit l’an dernier.
Et puis l’aube devient de plus en plus insistante. Je le sais, cela conduira à la disparition progressive de ces nuages noctulescents.
Des voiles résistent encore en direction de ce pont métallique.
Une dernière série de clichés pour composer le dernier panoramique de cette folle fin de nuit.
Sur le chemin du retour, je me pose la question si je n’ai pas finalement rêvé tout ça.
Les NLC, ou le rêve éveillé…
Journée en 3 parties
Je me suis baladé avec mon filtre IR pour faire quelques clichés dans la ville. Chaque vue résulte d’une pose de 30 s (100 iso). Cela procure l’étrange sensation que les rues sont vides alors qu’en réalité elle sont agitées.
Le ciel s’est dégagé en fin de journée, j’ai pris quelques clichés à proximité de l’endroit où je passe la nuit.
Parti sur les quais pour aller voir si ça NLC, j’ai surpris la Lune en train de flirter avec la tour Euromast et une grue située en avant plan. L’occasion de jouer avec l’astre.
Vue plus large montrant la Lune qui joue à cache-cache avec la grue, et Vénus à droite.
Le soir venu, je suis allé du côté de Wilhelminaplein histoire d’avoir un excellent point de vue sur les NLC (car je suis quand même venu en partie pour ça).
Eh bien j’ai pu avec plaisir en voir. Bon, pas très intenses mais suffisamment visibles. Sur les longues poses cela dit, on peut en voir un peu plus.
Contexte au 18 mm. La zone concernée n’est pas très large.
Assemblage panoramique de deux clichés.
Et puis vers la fin l’ensemble a perdu en clarté.
Mais ce qu’il faut retenir : je suis vraiment contente de pouvoir revoir ces NLC tant convoités.
Suite de la série de mes retours en images pour les 1 ans de mon séjour à Rotterdam avec 2 nouvelles images.