Ou l’histoire d’une nuit et d’une matinée suspendue dans le temps.
… si je n’avais pas attrapé un joli petit rhume qui m’aura bien fatiguée.
Il est 22h15, ce Mardi 5 Juin 2012. Je suis avec assiduité les images délivrées par le Solar Dynamic Observatory. Je ne me contenterai que de ça, préférant éviter les forums surfréquentés et autres retransmissions en direct qui auraient tôt fait d’être saturées et par conséquent, inaccessibles.
Première clameur lorsque le SDO envoie ceci. C’est un véritable spectacle de science-fiction.
Je resterai assez ébahie par la qualité des images transmises, un vrai régal. La première fois qu’un transit de Vénus est suivi de la sorte. Cela me rappelle le passage dans Sunshine où l’équipage assiste au transit de Mercure devant le Soleil.
Et puis je préfère m’endormir un peu. A 4h du matin, un ami passera me chercher afin d’aller sur les reliefs Nord-Est de la ville de Marseille, avec un point de vue bien dégagé sur l’Est.
Matériel embarqué : le Canon Eos « Le Bestiau » 400D (son objectif Sigma 18-200, filtre IR pour le moment où le Soleil sera trop lumineux), le 130/900 « Le Bouzin » sur sa Skyview Pro, paire de jumelles « Lidl » Bresser (qualiter casi professionnelle un vrai ptit bijou hum), le Macbook Pro, la Toucam Pro2, du câble (rallonges USB), déclencheur souple, trépied, filtres astrosolar en mylar (utilisés lors du transit de Juin 2004 !!!), et quelques bricoles de plus.
Tout ceci chargé et embarqué dans la voiture de l’ami.
Nous arrivons sur place, il fait encore bien nuit, malgré l’aurore naissante. De gros bancs nuageux, qui m’empêcheront de faire une bonne mise en station de la monture. Je devrai faire ça au jugé.
Entre le Mont Puget et la Montagne Carpiagne, réside toute une série de reliefs, dont le plus important s’appelle « Le Pain de Sucre ». Il culmine à 417 mètres, soit plus que Marseilleveyre, sommet ô combien connu des Phocéens. A chaque fois qu’il m’arrivait de passer par le Col Ricard, je voyais ce petit sommet, à portée de main, avec l’envie d’y aller.
Voici une carte pour bien s’y retrouver. J’ai mis en hautlumière le fameux relief.
Je vous offrir du rêve d’abord, en prenant le métro puis le bus. Pourtant je suis partie détendue hein.

Bien souvent dans mes articles je propose des photographies montrant un très large champs, comme si je disposais d’un objectif ultra-grand angle genre 10-20 de chez Sigma. Or, il n’en est rien, je ne dispose que de mon zoom 18-200. L’astuce réside dans un assemblage panoramique de 3 vues prises en mode portrait, assemblées entre elles, et mises en projection rectilinéaire, procurant cette sensation « grand angle ».
Depuis le temps que je veux le faire, voici un tutoriel à l’usage des gens fauchés comme moi qui ne peuvent pas se payer un 10-20 ou pire, un 8-16 et voudraient quand même faire du grand angle. Qu’à cela ne tienne : Hugin est là pour vous !
Je vous recommande de télécharger la toute dernière version de ce logiciel d’assemblage panoramique, qui est libre, open-source et gratuit, qui n’a rien à envier aux équivalents commerciaux du genre (Stitcher, Autopano Pro ou encore PTGui). Pourquoi s’en priver ?
Allez dans la section « Download » du site officiel, où des paquets sont disponibles, pour toutes les plateformes (PC Windows & Linux, Mac OS (ouf ! Leopard 10.5 n’est pas oublié !).
Normalement, vous ne devriez rien d’autre avoir à faire que de suivre la procédure d’installation. Le logiciel est installé prêt à l’emploi par la suite (car avant il fallait bidouiller pour faire tourner le petit programme d’ajout de points de contrôle automatique).
Vous êtes prêts ? Bon bah on y va.
Il vous faut tout de même un matériau de base : 3 images. Soit vous allez dehors, et effectuez 3 prises de vues, avec le minimum de focale possible, en format portrait (la longueur dans le sens vertical), ou soit vous prenez les 3 photos que je met gracieusement à votre disposition ici même (en format original, attention !).
Voici notre espace de travail. Les trois prises de vues, en mode vertical (ou portrait).
Ouvrons et découvrons Hugin. Il s’agit bien de la version “2011.4.0”. Dans le rectangle rouge, les onglets qui nous concernerons véritablement. En noir son pointés les deux boutons essentiels : l’optimisation du panorama, et le bouton qui affiche la fenêtre de prévisualisation en temps réel. Cette dernière servira à ajuster finement le panorama (projection, inclinaison, angle de vue), le recadrer au besoin, et vérifier le bon assemblage surtout.
Lever pour aller au boulot (je vous raconterais plus tard mais c’est quand même marrant : on m’a repris pour bosser à la Rue Montgrand !). Donc il est 9h quand je décide de profiter de l’heure de dispo pour aller à Notre Dame de la Garde afin de « chasser » les cellules orageuses qui arrivent de l’Ouest, à toute vitesse. Je n’ai même pas le temps de me préparer que le ciel est déjà bien encombré et parcouru de remous.
Et en un coup de métro, me voici à la Préfecture, à deux pas de Notre Dame de la Garde (bon faut quand même un peu marcher hein). Là haut m’attends une jolie vue sur les quelques cellules orageuses. Il est 10h du matin pratiquement, et il fait vraiment sombre.
Derrière le Frioul se situe une ligne orageuse qui se prolonge jusqu’en dessous du Gard (au large). Les contrastes sont vraiment très intéressants sous ce ciel orageux. Des lenticulaires se forment sur l’image de droite.
Deux mois sans rendre visite à MON Puget ? Sacrilège. Il me fallait immédiatement remédier à ceci. Et pas plus tard qu’hier en fin d’après-midi.
Arrivée à Luminy sur les 16h45, je passe tout d’abord à l’ESBAM l’ESADMM pour de sombres affaires administratives, pour ensuite aller sur ma montagne favorite.
Mais quelque chose aura attiré mon attention : des entrées maritimes, de plus en plus nombreuses. Ni une ni deux, je me met en route.
Il est intéressant de constater qu’ici, c’est enfin le printemps. La végétation profitant des quelques pluies du mois dernier.
Arrêts multiples effectués devant les fleurs qui ont éclos et ornent la garrigue, qui était encore il y a quelques temps si terne.
Les voici, les nuages maritimes, qui déboulent de la mer. Au loin, ils forment déjà une colonne assez dense. Et c’est un beau bordel sur les massifs d’en face !