Orage diluvien à Luminy – 2 Novembre 2008

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Toute la matinée, et la journée d’avant, un vent de Sud-Est souffle, avec parfois de violentes rafales. Des orages ont frappés durement plusieurs régions du Sud provoquant de grandes inondations.

Au large, à des centaines de kilomètres, des nuages se massent. Ils se développent, dopés par le contraste de température entre la mer, l’air doux situé dans les basse couches et celui plus frais en haute altitude. Ce sont des orages. Ils s’étirent sur un cordon très long, avançant de manière quasi frontale. Une onde radar se propage dans le coeur des nuages et se reflète sur les gouttes d’eau qui tombent lourdement dans la mer Méditerranée, par milliards. Cette onde radar provient du Nord, et une partie a rebondi et entame déjà le chemin inverse. A la vitesse de la lumière, elle percute une antenne métallique. Des électrons sont excités. Ils passent dans de longs fils de cuivre, et pénètrent dans plusieurs appareils. Des centaines de kilomètres plus loin, ce qui était une onde radar forme sur un écran d’ordinateur une longue forme rouge rectiligne, face à mes yeux.

Je décide d’y aller. Direction : le Belvédère, près des calanques de Sugiton, il y a une vue imprenable.

Trépied, appareil photo numérique, veste. Je suis fin prêt pour partir « en chasse ». Le vent est parfois violent. Sur le chemin, j’ai même eu quelque difficultés à avancer. Sur ce même chemin, je me prend à rêver à ce qui avance sur la mer. Les flots démontés. Les éclairs aveuglant. La pluie intense. Une ambiance particulière règne. Je parviens rapidement au Belvédère. La-haut, le vent est incroyable. Rien ne le stoppe avant de me toucher, pas un seul obstacle. Il est dans sa force d’origine. Le ciel est fragmenté, les nuages avancent à une allure impressionnante. Mais mon regard est obsédé par ce qui pourrait arriver là-bas, à l’Ouest.

En dix minutes, le ciel change. A l’Ouest, tout bascule. A l’Ouest, une bande sombre apparaît progressivement. Et au dessus, une zone plus claire. Oui, c’est bien ça : un arcus.

Et il prend de l’ampleur.

Le doute n’est plus permis. IL arrive. L’orage. Et dans une atmosphère agitée, je vois s’avancer ce dont je rêve depuis mon premier jour à Marseille : un orage précédé d’un arcus sur la mer. Je lutte comme je le peux contre le vent, agrippée à mon trépied, tentant de garder tant bien que mal mon doigt sur le déclencheur pour immortaliser cette scène.

Le déplacement des nuages est trompeur : ils vont du Sud vers le Nord alors que le système va dans un sens SO-NE. Quelques gouttes virevoltent.

Le dessous de l’arcus est agité.

Et puis ça se gâte. Le ciel s’assombrit. Je ne remarque pas le passage de l’arcus qui doit être au dessus de me tête.

La pluie met un temps à bien se mettre en place. La mer perd en contraste. Les premières pluies tombent. Mais propulsées par le vent, les gouttes d’eau filent presque à l’horizontale, avec violence. Elles percutent ma peau. C’est assez douloureux. Je décide de m’abriter du vent au pied de la table d’orientation.

La pluie maintenant tombe plus fort. Des coups de foudre frappent régulièrement la rade de Marseille. Un autre tombe plus près. Je me dis que ma position n’est sans doute pas la plus sécurisée, au sommet d’un éperon rocheux. Mais je ne me décide pas. Mais peu avant qu’un coup de foudre plus proche ne frappe, j’avais entendu comme une décharge électrique, très très proche. Sans doute des traceurs ascendant qui s’étaient élevés du Belvédère. Je choisis cette fois-ci de quitter les lieux.

Cela n’est pas évident, avec le vent toujours aussi puissant et la pluie qui redouble d’intensité. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Arrivée au milieu du chemin entre le Belvédère et une plateforme-croisement, la pluie se met à tomber avec une violence inouïe. Je me retrouve en l’espace d’une minute pris dans une véritable douche. Mes vêtements sont complètement gorgés d’eau. Je tente tout-de-même de prendre un cliché et une vidéo, mais cela est difficile. J’arrive en forêt, où je découvre que les chemins se sont transformés en véritables torrents. La pluie ne semble pas vouloir s’arrêter. Là-haut, se sont des tonnes d’eau qui tombent en quelques secondes. Je prend une dernière image, voyant que mon appareil photo ne réagit plus normalement.

Le chemin est bordé par ce qui est désormais une rivière, elle déborde par endroit. Je marche sans m’en préoccuper dans les flaques d’eau, mes chaussures étant déjà inondées.

Je regagne finalement mon studio alors que les pluies relâchent leur emprise. C’est dégoulinante, trempée que je reviens dans mon studio. Je me regarde dans le miroir… et éclate de rire. J’ai pris une douche toute habillée !

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