Donc en ce début d’été, j’ai pu me permettre de prendre part à la rencontre estivale de l’association de passionné-e-s de météo et de climato Infoclimat.
Cette année la rencontre se déroule en Haute-Vienne, département limitrophe au Nord-Est de la Dordogne (c’est pour ça que j’ai pu venir, hé), dans la commune de La-Jonchère-Saint-Maurice.
Le jour zéro c’était le Samedi 5 Juillet, début de la rencontre, mais rien de spécial n’a pu être fait cette journée car d’une part je prenais la route et d’autre part j’avais décidé d’aller me servir de la piscine du gîte, avec les autres passionné-e-s.
Le lendemain, ciel couvert, car une front froid assez abîmé va passer la nuit prochaine. Le plafond nuageux est toutefois intéressant à observer. C’est strié, il y a des ondulations. Et -AH NON hein, me parlez pas d’aspératus.
Et de confirmer que la vue depuis ma piaule est pas mal quand même.
En cours d’après-midi, direction l’Arboretum situé sur la commune. Temps couvert encore, il se met même à pleuvoir. Donc les conditions photo sont pas idéales. Galerie d’images tout de même.
L’Isle en crue, j’ai pu y assister plusieurs fois depuis que je vis à Saint-Astier. Ici, et là.
C’est à peu près à quelque chose comme ça que j’assistais la journée du
Mais récapitulons d’abord. Le week-end précédent, une dépression est restée centrée sur le pays, apportant des quantités très importantes d’eau, dans ce que je qualifie personnellement d’épisode atlantique, un peu (et dans une moindre mesure), comme les épisodes méditerranéens.
Résultat : des lames d’eau impressionnantes que nous voyons rarement ici. Les 100 mm ont été dépassés plusieurs fois en Dordogne, comme indiqué sur cette carte Infoclimat montrant les cumuls sur 72h glissantes.
Les cours d’eau, comme je pouvais m’y attendre, réagissaient fortement. Je suis donc sortie pour immortaliser tout ça, après avoir constaté que VigiCrue avait mis l’Isle en vigilance orange.
Les photos de ce jour là, en commençant par l’un des chemins permettant l’accès au parc du Petit Près. Inondé en partie.
Plusieurs vues depuis le pont, assez parlantes.
Et le pont lui-même.
Depuis le même endroit, sans doute les maisons les plus basses de la ville, dont les murs sont régulièrement dans l’eau, et en tout cas, avec une telle hauteur d’eau.
Allons voir le Petit Près. Le parc est environ inondé au tiers, plusieurs installations sont dans l’eau, et le chemin qui donne l’accès à la Voie Verte est inondé.
Grosse surprise pour moi hier soir. Je ne m’y attendais pas le moins du monde : une occultation de l’amas ouvert des Pléiades par la Lune !
C’est quoi « l’amas ouvert des Pléiades » ? C’est un amas d’étoiles, qui se sont toutes formées au même endroit, au sein du même nuage de gaz, et qui s’éloignent progressivement les unes des autres. Il peut y avoir des dizaines d’étoiles dans un amas ouvert, et celui des Pléiades est le plus célèbre, du fait de sa forme en « mini-constellation de la Grande Ourse ». L’amas des Hyades en est un autre, situé dans la constellation du Taureau, comme le premier d’ailleurs.
C’est quoi « la Lune » ? La Lune c’est- oh COME ON !
Il était 22h30, et c’est en rentrant de ma répétition en pratique musicale que je me suis rendue compte de l’étonnante proximité de la Lune avec les Pléiades. Non seulement proche, mais sur la trajectoire de notre satellite naturel !
Je décide d’un setup de prise de vue simple : le 70D sur trépied photo, à 200mm, et on essaiera le 500mm catadioptrique éventuellement.
Pas de suivi, déjà, je me complique la vie. Pas de franche stabilité de l’ensemble. Mouaif. Et du vent par dessus la marché ! Mais je n’ai quand même pas envie de sortir la monture équatoriale et tout le fatra.
Photo à 200mm, léger recadrage.
Je tente le 500mm. Vous vous souvenez ? Mais si, allez voir là-bas si j’y suis.
Après avoir réussie la mise au point extrêmement délicate, sur une étoile, la vue reste un peu brouillée : avec 0.8s de pose, la turbulence a largement le temps de brouiller l’image. Donc je n’obtiendrai aucune image bien piquée du phénomène. Toutefois, cela reste bien meilleur que des vues recadrées à 200mm.
Et l’occultation commence, par l’une des premières étoiles du trapèze.
Drôle de spectacle que cette Lune qui tente de faire partie des Pléiades. Je n’avais encore jamais vu ça !
Dernière photo quelques temps avant que la Lune ne se couche. Les conditions vraiment turbulentes de l’atmosphère empêcheront tout cliché bien net et stable.
Comme souvent lors d’un saros, une éclipse de Lune (cf. article précédent) est rarement seule et bien souvent, est accompagnée d’une éclipse solaire. Elle peut être totale, annulaire, ou partielle quand l’ombre de la Lune ne touche pas la Terre, mais que la zone de pénombre rase quand même le globe.
C’est ce qu’il s’est passé ce Samedi 29 Mars en fin de matinée, avec une belle éclipse partielle, visible depuis l’Hexagone.
Cet éclipse c’était un peu un crash-test d’uns des protocoles que j’emploierais lors de l’éclipse -totale cette fois-ci- espagnole, le 12 Août 2026. Cette date est gravée dans le marbre, je n’en démordrai pas, j’irais la voir ! Quel est le protocole ? Prendre 10 images toutes les 10 minutes. Le but de prendre 10 images ? Les accumuler (alignement et addition) pour obtenir une image plus fine qui permet, en partie du moins, d’effacer la turbulence atmosphérique.
L’installation, vous la connaissez à force : télescope Sky-Watcher 200/1000 sur EQ5, filtre Astrosolar pleine ouverture, le 70D au foyer. Prises de vues à 100 Iso, 1/5400.
Le traitement : pour chaque lot d’images (10 pour la plupart des phases, 15 lors du maximum) alignement et addition dans Lynkeos, application d’un masque flou, et envoi dans Darktable pour traitement des rendus finaux afin de mettre la balance de blancs sur du très chaud (pour éliminer le rendu froid de l’Astrosolar). Assemblage dans Gimp pour concevoir la planche ci-dessous.
Et ici, le maximum du phénomène, dans une image presque à 100%. Constatez la granulation solaire (ainsi que du bruit aussi…), de nombreuses tâches dont une particulièrement grosse à gauche. Le rebord lunaire n’est évidemment pas parfaitement lisse, mais montre des aspérités : les reliefs de la Lune.
Même si c’est pas du grand spectacle, ça reste toutefois le genre d’évènements que je ne veux pas rater. J’ai toujours été passionnée par les éclipses, surtout du Soleil, ma première observation remontant au 10 Mai 1994. Le Soleil s’était couché alors qu’il était éclipsé. Je garderai toujours en tête cette image de notre Soleil se couchant en croissant. J’ai été accrochée à ce moment-là. Et à me dire : à quand la prochaine ?
Et actuellement, la prochaine, c’est le 12 Août 2026, en Espagne. Je compte y aller, y séjourner, et enfin vivre ce rêve de toute une vie : la nuit en plein jour et cette sensation de vertige que de voir l’atmosphère se déployer autour d’un puits sombre. Le rendez-vous est pris !