Un nouveau regard sur Vénus avec AKATSUKI

La sonde AKATSUKI (aussi appelée Planet-C, mais également Venus Climate Orbiter) est une sonde japonaise lancée par la JAXA (l’agence spatiale nationale), il y a 8 ans bientôt, en 2010. Cette sonde est un peu maudite car elle rate sa première insertion en orbite autour de Vénus lors de son arrivée à destination le 7 Décembre 2010 du fait d’une panne des moteurs qui auraient permis une insertion orbitale correcte. Ce n’est qu’en 2015, après plusieurs années d’errances autour du Soleil, que AKATSUKI réussit à se placer en orbite autour de l’énigmatique planète, sur une orbite hélas trop distante, ce qui ne permettra pas à la sonde de remplir correctement sa mission…

Voilà pour l’histoire. En ce qui me concerne, je ne m’intéressais pas trop à cette sonde, jusqu’au jour où j’ai décidé de pousser la curiosité à creuser le site web dédié, et tomber sur les images RAW de cette mission. Et je me suis dit que ça serait pas mal d’essayer de traiter quelques images, histoire de « voir ce que ça donne ». Je ne suis pas déçue du résultat, que je vous présente ci-dessous.

Note : deux caméras m’intéressaient principalement. La caméra UV1, qui capture des images en ultraviolet à 283nm et 365nm (ce qui permet notamment de faire des images en fausses couleurs, après un petit traitement visant à reconstruire une couche verte), destinée à observer l’atmosphère de la planète de façon détaillée. Et la caméra IR2, qui permet -entre autre- d’observer la « chaleur » de l’atmosphère de la planète sur son côté nocturne.

Cette image très particulière montre le côté nuit de Vénus en infrarouges thermique. Image en fausses couleurs donc, obtenue à partir de deux longueurs d’ondes différentes (1.74µm & 2,26µm). C’est donc la chaleur nocturne de Vénus que nous voyons ici.
Vénus en ultraviolets. Les couleurs (faussement RGB), permettent de distinguer les différents composants de l’atmosphère vénusienne. Les teintes ocres correspondent au dioxyde de souffre (SO²).
Notez que l’on distingue assez bien les zones climatiques : régions polaires plutôt claires, peu turbulentes, et les régions tropicales, larges, plus clairsemées.
Détail sur le pôle Sud de Vénus, et son « vortex » polaire. Il semblerait que les nuages clairs soient situés plus hauts en altitude que ceux des latitudes plus tempérées. On distingue ici parfaitement une bande de cirrus/cirrocumulus, qui est peut-être liée à un jet-stream.
La dynamique atmosphérique vénusienne est sans nul doute aussi complexe que celle de la Terre.
Cette image est ma première mise en couleur des images d’AKTSUKI.

Edit du 9 Janvier 2018. Ajout de deux nouvelles images.

Images acquise lors de l’orbite numéro 13 de la sonde japonaise. Celle-ci montre une quantité incroyable de détails sur les nuages équatoriaux, tropicaux et extra-tropicaux de la planète. Les teintes rouge indiquent une grande quantité de dioxyde souffre.
Image prise peu après la précédente, mais avec une distance plus grande, révélant la quasi totalité du globe.

Edit du 11 Janvier. Ajout de 5 images, notamment d’images IR2.

Il faut comprendre ces images comme étant des sortes de « masques ». La chaleur émane des couches profondes de l’atmosphère et est absorbée par l’épaisse couche nuageuse. Donc les zones les plus claires sont les zones les moins « épaisses ». Et les plus chaudes aussi. Donc à priori les plus actives.
Et on le voit, Vénus est une planète à la météorologie complexe.
Cette image d’une grande finesse montre ce qui semblerait être un front orageux (zone sombre en dents de scies).
Il me semble évident que ces images montrent assez bien l’activité météo dans les basses couches, notamment des conflits de masses d’air se traduisant par des fronts (chaud/froids) qu’on peut distinguer sur les zones claires.
Je termine par cette image UV1 montrant des détails remarquables sur tout la bande tempérée et tropicale.

Ajout du 13 Janvier.

Image composite consistant en deux images prises à deux distances différentes, me permettant de combler quelques manques et obtenir une image de Vénus bien large, et aussi détaillée.
Image UV1 qui révèle quantité de détails, notamment en matière d’activité convective.

8 thoughts on “Un nouveau regard sur Vénus avec AKATSUKI”

  1. Bravo Damia! Superbe travail, ces clichés font justice à cette planète toujours si mystérieuse! Keep on going like this!! 🙂

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