Titanic 2012 – Le dernier jour

Aucun commentaire • Expédié le 16 avril 2012 à 02:22 dans CapharnaümMétéoTitanic

Si vous lisez cet article, cela veut dire que je suis en vie, et bien en vie. Ceux qui me suivaient sur Twitter et Google+ on pu avoir quelques messages avant que je ne donne plus de signe de vie, étant en train de me battre pour la mienne. Retour sur une journée que je ne serais pas prêt d’oublier.

J’ai mal dormi cette nuit là. Et il y a de quoi se faire du mouron : c’est la toute dernière que je passerais à bord du Titanic. J’angoisse. Malgré les quelques préparatifs effectués pour me préparer au pire, je ne sais pas ce qu’il m’attends. J’ai sans doute l’avantage de connaître quand, comment, pourquoi le navire fera naufrage ; de connaître le moment du départ de chaque canot de sauvetage. Mais cela ne suffit pas. J’ai bien pris quelques dispositions au cas où, mais jamais je n’ai pu les expérimenter dans la nuit noire, avec des températures négatives et une eau à peine supérieure à 0°C. Dans ceux-ci sont compris l’embarquement sur moi de mon macbook pro, dans une sacoche étanche (le modèle dont se servent les plongeurs pour conserver des éléments au sec lors de leurs plongées). Aussi, j’enfilerai une combinaison de plongée type polaire, sous mes vêtements de soirées avant de quitter définitivement la suite. Mon livre de croquis aussi, très précieux (et sur le coup bien plus transportable que mon 400D que j’aurais risqué d’endommager de toute façon).

Donc c’est avant 9h que je suis debout. Je me fais livrer un petit déjeuner, formule habituelle, avec un supplément chocolatines. Je me fais couler un bain juste après, et m’habille pour l’Office religieux, auquel tout le monde se doit de prendre part. Je me rends dans la Salle à Manger, là où celui-ci est tenu, à 10h30. Celui-ci a une saveur toute particulière. Dimanche 14 Avril 1912… De nouveau un noeud à l’estomac. Va falloir contrôler tout ceci, et agir sans trop stresser.

J’essaie de trouver le repos à mon endroit favori, la Promenade Solaire. J’y exécute un rapide croquis. Et puis midi vient. L’heure de prendre un nouveau repas copieux. Cette fois-ci je me rends au restaurant 1ère Classe, plutôt que le Restaurant à la Carte. Je commencerais par des oeufs Argenteuil, puis quelques côtelettes de mouton grillées, ensuite quelques laitues et betteraves, et pour finir : du Roquefort ! Oui il y en a aussi ! Le repas fut léger en fin de compte. Tant mieux, car ce soir je compte faire un peu plus riche.

14h environ. Après un bon café, et m’être changé, direction la piscine (car il y a une piscine à bord, c’est dingue), afin de s’y détendre d’une part, et de se mettre un peu plus en conditions pour cette nuit. Les conditions seront radicalement différentes, mais cela me donnera une idée de quelques réflexes de base à avoir. Je teste par exemple mon apnée, qui est d’environ 1 minute. C’est peu, mais je ne peux guère faire mieux. Je me rends compte que je m’épuise quand même assez vite à la nage. J’aurais un gilet de sauvetage, ça devrait m’aider un peu mieux toutefois. J’y passe une bonne heure. C’est sur les 16h20 que je vais me prélasser aux Bains Turcs et son Hammam. Je n’aurais jamais imaginé un tel endroit à bord du Titanic, et pourtant. Je fais le vide dans mon esprit, dans la tête, ne pensant juste qu’à la joie d’être dans cette ambiance chaude, humide, confortable, loin de tout. Je ne vois même pas passer l’heure.

Ragaillardi par ces séances, et après être passé par ma suite pour m’y changer, je monte sur le pont, afin d’assister à cette fin d’après-midi, et aux derniers rayons de Soleil que le navire connaîtra. Le ciel en cette fin de journée est absolument limpide, dégagé, sans le moindre nuage. La surface de l’océan est plate, pratiquement pas ridée. Les pièces de l’échiquier se mettent en place, nous approchons doucement du moment fatidique. Je resterai jusqu’au début du crépuscule. Et puis, l’heure du repas. L’impression amère de prendre comme le « repas du condamné ». Il y aura un peu de tout, avec d’abord des hors d’oeuvres, du consommé Olga, sauté de poulet à la Lyonnaise, petits pois carotte à la crème, asperges vinaigrette et enfin, crèmes glacées à la française. Arrivé au bout de ce repas, d’une part je n’ai plus faim, et d’autre part, il est plus de 21h. Je me lève, dit poliment au revoir à mes compagnons de tablée, et vais dans ma suite.

Cela va être le commencement d’une nuit longue, très longue. Cela fera l’objet d’un article à part entière.

Titanic 2012 – Farniente !

Aucun commentaire • Expédié le 14 avril 2012 à 01:40 dans CapharnaümMétéoTitanic

Et on se lâche un peu à bord !

Donc pour les dessins, je ferais un lot à la fin. Là ça pompe trop de ressources et trop de temps de s’occuper de les scanner à la webcam. Je ferais des vues meilleures, et colorisées sur ordinateur de ce que j’ai fait quand je serais de retour sur la Terre ferme. Place au récit !

Lever désormais fixe. 9h, comme tous les jours. Une routine se met en place en quelques sortes. Café et croissants servis dans mon salon, merci les Stewards. Une bonne heure de bain bien chaud, que c’est agréable. Un grand silence règne dans la suite, c’est divin. Et je m’habille. Nous sommes Samedi, soit un jour avant la catastrophe. Je sors, j’ai cette curieuse sensation de calme avant la tempête. Comme si quelque chose couvait. Et pour cause…

Ma journée d’hier ayant été bien agitée, je décide de me reposer cette fois-ci. Je compte arpenter le navire de la poupe à la proue, pour le parcourir dans toute sa longueur. 270 mètres, ça a l’air de rien comme ça, mais sur un bateau tel que le Titanic, c’est autre chose. Tout paraît démesuré sur ce navire, véritable ville flottante.

Il est déjà 11h. Je me dirige comme à mon habitude sur la Promenade Solaire pour un petit bain de Soleil, sur une chaise longue en bois, côté babord. Le ciel est clair, et la mer bien calme. Pas un souffle de vent, mis à part celui induit par le déplacement du colosse d’acier. Dans mon dos, une des immenses cheminées expulse sa fumée noire, épaisse, sur fond de ciel bleu, un bleu qui me rappelle celui de la Provence. Je resterais là, allongé un bon moment, à regarder la gens passer, tout en lisant le Atlantic Daily Bulletin, le journal de bord, qui apporte des nouvelles du Continent, transmises via TSF (Télégraphie Sans Fil). Le bon air de ces débuts du XXème siècle. Je demanderais à me faire livrer un café, que je bois sur place. On est en 1ère Classe ou bien ?

Midi. La trompette sonne doucement l’heure des repas. Oui, DES repas, car on peut choisir d’en prendre un de suite, ou de patienter au second service. Mon estomac gargouillant un peu (chose qui m’étonne au vu du repas copieux d’hier soir), je me résous à me lever et à me diriger vers le Restaurant à la Carte. Ce coup-ci, je choisi quelque chose assez légumier. Pari risqué car la charcuterie est omni-présente. Je choisis quelques patates frites en entrée, suivies de près par un gratin dauphinois (j’ai été étonné d’en trouver un ici !), avec ensuite une salade verte et ses rognons sauce Grand Veneur. Et je finirais sur un Gorgonzola, qui était succulent. Arrosé d’un peu de vin de rouge de Touraine. Miam !

(suite…)

Titanic 2012 – Dans le ventre de la bête

Aucun commentaire • Expédié le 13 avril 2012 à 01:17 dans CapharnaümTitanic

Bon alors j’annonce, pas de dessin encore ce jour-ci. Je ne sais pas, j’y arrive pas. Va falloir trouver la motivation pourtant…

Donc c’est sur les 9h que je me réveille et me lève. Je me suis fait livrer le petit déjeuner dans mon salon ce coup-ci. Je passe vraiment de bonnes nuits dans cette suite. Il faut dire que le lit est divinement confortable, la chambre d’un silence incroyable. J’entendais juste de temps à autre quelques pas dans le couloir, mais rien de bien important. Bref, passons ces détails. Je profite donc de mon petit déjeuner dans la partie salon de la suite, un des hublots, qui ressemble plus à une fenêtre qu’à un hublot, est ouvert, et laisse franchement entrer le Soleil. Je me penche au travers de l’ouverture pour constater à quel point je suis haut par rapport au niveau de l’océan. Le petit déjeuner terminé, je prends un bon bain, et m’habille pour une petite visite au travers du Titanic.

Je ne vais sans doute pas tout visiter, d’une part parce que je n’aurais pas le temps en une journée, et que d’autre part, j’ignore si tout est « visitable ».

Il est 10h45. Je prends la direction de l’avant du navire, pour aller rendre visite à la timonerie. Je n’en suis vraiment pas loin toutefois. Je débouche tout d’abord sur la passerelle, où les officiers sont affairés. Je m’adresse à l’un d’eux pour savoir s’il est possible de me présenter le poste de navigation. La météo étant calme, le navire effectuant sa marche de croisière, il se trouve qu’il a du temps à m’accorder. Je l’entends même dire «This ship is so brilliantly conceived that we can go straight to New-York without move a finger» [trad. «Ce navire est tellement bien conçu que nous pourrions aller droit sur New-York sans bouger le petit doigt.»]. J’esquisse un sourire, assez gêné. Si seulement lui aussi savait…
Il me présente tout d’abord la passerelle, qui est à l’air libre, ouverte de part et d’autre, avec de larges fenêtres devant en cas d’intempéries. Il m’indique les différents instruments de navigations, dont la roue auxiliaire, qui est en quelques sortes le « volant » du paquebot. Je demande si je peux tenir la barre. Hé oui, je vais tenir la barre du Titanic. Jamais dans ma vie je n’aurais imaginé ça ! Je grimpe sur la petite estrade qui est devant, et on me tends tout délicatement la roue. Je la saisis, le plus fermement possible. C’est très doux comme mouvement. Mes mains commencent à légèrement poisser sur les poignées. L’émotion sans doute. Je préfère repasser la direction à quelqu’un de plus compétent. Je demande à regarder de plus près les espèces d’instruments qui possèdent des inscriptions sur le côté. Ce sont des télégraphes. Ceux-ci servent à donner des ordres dans la salle des machines afin de commander l’allure du navire. Je lance une petite question : «Full Astern, have you ever use it onboard ?» [trad. «Arrière Toute, vous l’avez déjà utilisé à bord ?»]. Non, me répond-t-on, jamais en pleine vitesse de croisière, et qu’il n’y a pas trop de raisons pour l’utiliser. J’aurais presque envie de lui dire que ça ne saurait tarder… La visite se poursuit dans la timonerie, qui est la partie totalement abritée de la passerelle. Celle-ci sert en cas de grosses intempéries, et l’hiver. Elle présente les mêmes instruments de navigation que ceux situés dans l’abri de la passerelle. Mon regard est attiré par un tableau, qui présente une vue en coupe longitudinale du navire, avec les différents compartiments. Des voyants lumineux indiquent si les portes étanches de chaque cloisons sont fermées ou non. Aussi, de simples interrupteurs peuvent faire basculer les portes. Je demande ce qu’il se passerait si les 6 premiers compartiments étaient inondés. L’officier me dit qu’au maximum 2 voire 3 compartiments pourraient être touchés lors d’une collision, mais SIX ! Non il n’y croit pas, et me rassure d’office que jamais cela n’arrivera. Je ne préfère pas argumenter plus en avant…
(suite…)

Titanic 2012 – Première journée à bord

Aucun commentaire • Expédié le 12 avril 2012 à 00:45 dans CapharnaümTitanic

Je me lève le matin assez frais. Même si le bourbon d’hier soir m’avait quelque peu fatigué, je me réveille les idées claires. Le Soleil éclaire l’intérieur de ma suite, qui est luxueuse. Dans un style hollandais, elle affiche de belles boiseries, lustrées et éclatantes. La moquette épaisse du sol permet de s’y mouvoir pieds nus sans se les refroidir. J’ai le droit à ma propre salle de bains, ainsi qu’à mon propre coin salon. Un véritable petit appartement. Une large fenêtre sur le côté droit de la chambre me dévoile une vue sur l’Océan Atlantique, et le ciel partiellement couvert. Il est aux alentours de 9h30. Dans deux heures nous devrions arriver en Irlande pour embarquer les dernier passagers avant la grande virée.

En attendant, je savoure un petit déjeuner à la française, sur la terrasse du Café Parisien. Un croissant accompagné d’un café, uniquement. Je ne me lasse pas du chic de cette époque. Un monde qui n’a pas encore connu les deux grandes Guerres Mondiales. Un monde qui n’a pas encore connu la crise, un monde en apparence préservé des atrocités du XXème siècle. A bord de ce qui est considéré comme le bijou technologique par excellence de ces débuts de 1900. Je finis mon café sur ces rêveries, qui vont être nombreuses je le sens.

Il est 11h30. Nous voici arrivé face à Queenstown. Pareil qu’à Cherbourg, le port est trop petit pour accueillir un tel mastodonte. Ce sont donc des navettes qui font le transfert des passagers. J’observe tout ceci attentivement depuis le pont. Il fait de nouveau nuageux, avec quelques timides éclaircies. Mais on approche des midis. Mon estomac qui gargouille m’indique qu’il faut aller manger.

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Titanic 2012 – Un récit parallèle

2 Commentaires • Expédié le 10 avril 2012 à 00:15 dans CapharnaümTitanic

[Note avant de s’embarquer totalement dans l’histoire. Il s’agit d’une FICTION. Basée sur des faits réels, et à l’occasion du centenaire de la traversée et du naufrage du Titanic. Aussi, je prendrais quelques libertés durant le récit. Merci. Aussi, note concernant le genre employé dans ce récit : formulation masculine, car au moment où je l’ai écrit, j’étais encore dans le placard. Et in universe, je préfère quand même conserver la forme masculine, pour ne pas avoir à expliquer les implications d’être une femme trans au début du XXème siècle.]

Demain, je m’embarque pour Cherbourg. J’y prendrai le Titanic, navire flambant neuf, qui partira de Southampton, en Angleterre. Malheureusement, il m’est impossible de rapporter des clichés à cette époque. Je ferai quelques esquisses, dessins, selon mon envie, du voyage. J’occupe actuellement un hôtel proche de la Gare Maritime. Le Titanic devrait arriver demain en fin de journée, sur les 18h30 environ. Je suis assez enjoué à l’idée d’un tel voyage, mais un peu effrayé de son issue… J’ai bien pris soin cela dit d’avoir pris un billet de 1ère classe, certes cher, mais suffisamment abordable avec la monnaie de nos jours. De plus, et surtout, cela sera assez vital lorsqu’il faudra évacuer le navire lors de son naufrage.

Le voyage durera 4 jours. 4 jours durant lesquels je vais m’efforcer de vous faire découvrir le navire. Je ne compte pas vous accabler avec d’ennuyeuses descriptions ; aussi je ne parlerai uniquement que des choses qui me marquerons. Le 5ème jour, espérons qu’il y ait un 5ème jour, en principe à bord du Carpathia.

J’oubliais : cela sera ma première croisière.

Rendez-vous à peu près tous les jours en début de soirée, milieu de nuit, le seul moment tranquille de la journée où je pourrai sortir mon ordinateur en toute discrétion et envoyer mes articles depuis 1912. Comment je fais ? Dès fois l’espace-temps possède quelques brèches, il suffit de se rendre au bon endroit, au bon moment, pour aller où l’on veut.

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Aucun commentaire • Expédié le 10 mars 2012 à 22:40 dans Capharnaüm

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Avec tous mes infinis remerciements pour la fidélité que vous me témoignez.

Amicalement,

Damia Bouic.