Oui parce que le jour précédent il y eut une belle ambiance orageuse, même si toutefois sèche et peu active. Car des cellules s’étaient formées sur le Lot ainsi que le Lot-et-Garonne, sans parvenir à concrétiser en Dordogne. A l’avant de tout ceci, on avait un arcus, totalement détaché de sa base.
J’ai pu le photographier in extremis, alors que le vent se levait et que celui-ci nous survolait. Notez à l’arrière, le sillage turbulent, et au loin l’absence de précipitations. Chose rare quand on a affaire à un arcus, qui est bien souvent suivi de pluies, parfois fortes.
Ci après, une dernière photo de cette soirée, montrant un peu l’ambiance. Les nuages ne bougeaient quasiment plus.
C’est ce jour là, à priori, qu’il devait y avoir une forte activité orageuse. Tous les voyants étaient au vert, sauf la vigilance qui -elle- était orange sur le département. Une soirée prometteuse, que je vais passer, avec mon compagnon, à Malfourat, mon point de vue privilégié.
Allez hop, on se met dans le bain, il fait encore jour, et une cellule s’est rapidement développée à l’Ouest de Bergerac, et prendra un direction plein Nord.
Zoom sur les rideaux de pluie à l’avant, qui arrosent la vallée. Il est à noter que l’avancée de cette eau était bien visible à l’œil nu.
Et c’est reparti ! Après une période de calme -relatif- , les orages sont de retour.
Où je me rends précipitamment sur mon point de vue de Malfourat pour observer l’avancée d’une ligne orageuse franchement costaude, mais … de loin. En effet, cette ligne ne fera que frôler la ville de Bergerac et concernera plus directement Sainte-Foy-la-Grande ainsi que toute la Gironde (provoquant au passage de grandes accumulation de grêle et de violentes rafales de vent).

… qui nous passera vraiment juste à côté ! Notez l’incurvation du front de rafale, exprès pour pas avoir à passer sur Bergerac 😀
Voici donc cette ligne, vue de profil, correspondant au même instant que sur le radar ci-dessus.
Je me dis «La journée est pliée, c’est bon, je peux me poser pour mon Samedi Soir.»
Sauf que. Sauf que bon. Tandis que la ligne orageuse de l’aprèm arrive en Seine-Maritime, de nouvelles cellules en profitent pour se développer sur le Lot-et-Garonne.
C’est le soir, 21h. Et c’est la panique. Parce que ceci :
Des machins qui remontent plein Nord, suivant la ligne de convergence (bien visible ici). Je me dis que c’est cuit pour Malfourat (d’autant que j’en ai plein les jambes de conduire) donc je vais juste à l’Ouest de Bergerac, à côté d’un champs, avec une vue dégagée du Sud jusqu’au Nord en passant par l’Ouest.
La première cellule orageuse sera surtout pluvieuse, et la nuit ne faisant que débuter, je ne pourrais rien photographier. Mais, au radar, avec mon compagnon, on constate qu’à l’arrière autre chose arrive. Je décide de rester et d’attendre cette nouvelle cellule.
Ça flashouille tranquillou, il fait suffisamment sombre, je sors le matos, et en avant.
Dans mon précédent article je vous montrais des images de petites cellulounettes de rien du tout caractéristiques des cieux de traîne hivernaux.
Passons à la dimension supérieure avec des orages cette fois-ci. Les premiers orages du printemps, qui ont la mesure de véritables orages estivaux. C’était un bonheur de les observer et pour la première fois de bénéficier moi-même du point de vue imprenable de Malfourat. Allez, c’est parti pour un long article, richement illustré en photos. La sélection a été difficile vu la grande quantité d’images récoltées.
Ces évènements se déroulent entre 16h et 23h15. Avec trois orages adoptant le même comportement et possédant des structures remarquables, par ailleurs assez identiques.
Je savais que des orages allaient se former en cet après-midi du Mardi 3 Avril 2018. Toutefois, j’avais mal anticipé le début, quoique la modélisation Arôme du jour-même eut pas mal de retard. Il est un peu moins de 16h et je me dirige (avec mon compagnon sur le siège passager-e de ma Clio), plein Sud, pour aller à Malfourat, sur la commune de Monbazillac. Voici l’état du radar pluie à cet instant :

En pointillés, la ligne de convergence. Ligne de démarcation entre l’air doux et sec du Sud et l’air frais et humide de l’Atlantique (Ouest). Sur cette ligne, des grappes de cellules orageuse remontent, en allant vers le NNE. A cet instant, de puissantes cellules organisées en ligne sévissent sur le NO du département. Celles-ci ne m’intéressent pas car ne venant pas dans ma direction.

Puis, vers le SO, une cellule s’est organisée, avec une évolution rapide. Elle quitte alors le marmandais et est située sur La Réole. Les traits montrent l’angle de champs de la photo ci-après.
Le ciel est assez couvert, avec une instabilité à l’étage moyen très marquée. Au loin, la cellule orageuse se signale par des bases de courants ascendants sombres et denses. On a là un système jeune et bien structuré. Cet orage ne passera pas inaperçu en Dordogne…
La base du courant ascendant est nette, et évolue rapidement. Régulièrement, des stratus fractus se forment et viennent abaisser le niveau de condensation vers le sol.
Et visiblement, les forts cisaillements de direction entrainent la formation d’un tuba, aussi bref qu’imposant ! Au jumelles, la rotation rapide du vortex ne trompait pas sur la nature tourbillonnaire de l’appendice nuageux.
L’orage s’approche et dévoile sa structure, en forme d’arc. Notez la base des courants ascendants, qui est large et dénuée de précipitations, celles-ci étant rejetée en majorité à droite.
En cette fin de soirée du 14 Août, qui fut une journée marquée par un pic de chaleur correct pour la saison (34.6°C de tx relevé à Bergerac-Roumanières, moi je dis que c’est correc’). Donc bref, la porte du salon qui donne sur le balcon était grande ouverte, histoire de faire circuler un peu de fraîcheur, tandis qu’Arté diffusait Sa Majesté Des Mouches, film qui souleva chez moi un intérêt inattendu. Sauf que.
Sauf que voilà, j’entendais un bruit de fond ressemblant à du tonnerre. Assez incrédule je me dis que c’est sans doute quelques camion ou autre qui circule. D’autant qu’il n’y avait pas de flashs dans le ciel, donc bon. Sans parler de la modélisation Arôme qui était littéralement à pleurer et ne montrait rien de spécial.
«Allons voir le radar pluie quand même histoire de.» me dis-je intérieurement, avec cet emploi de la 1ère personne du pluriel signifiant que- Rien en fait. On s’en moque, non ? Donc le radar. Et voilà le machin qu’il y a l’écran :
Et merde. Et merdemerdemerde. Qu’est-ce que ça fout là ça ? Je suis même pas préparée pour sortir là. Et c’est très électrique d’après la carte indiquant l’activité foudre.
Alors : remise de la carte SD dans le boitier, contrôle de la batterie : c’est à fond. Je choppe le trépied. Et en route. Bon, pas très loin quand même, sur un palier contre un bâtiment de la résidence, avec un point de vue pas trop moche donnant sur l’Ouest, en gros.
L’activité électrique est très « panoramique ». Ça va un peu dans tous les sens, et nombreuses sont les décharges en nappe. De ce point de vue je ne peux saisir que ce cliché, avant d’être forcée de rentrer et devoir photographier depuis le balcon (ce qui est loin d’être un inconfort).
Oui il y a un grosse goutte de flotte sur la photo. Zut ! Toutefois, observation très intéressante sur ce cliché, qui montre une décharge en nappe de grande ampleur, qui illumine toute la face inférieure de l’orage, qui présente par ailleurs une base élevée et peu consistante. Il ne m’en faut pas plus pour déduire que c’est un orage en fin de vie, et qu’il n’en n’a sans doute plus pour longtemps avant de s’évaporer. Mais tant que le potentiel électrique est là, il continuera à produire de longues décharges ramifiées. Ce qui s’avérera être le cas.