La Tourbière

Aucun commentaire • Expédié le 14 juillet 2025 à 13:05 dans MacroMétéoPaysage

45ème Rencontre Nationale d’Infoclimat – 2nd Jour

La journée la plus fraîche de la rencontre, qui contraste fortement avec les températures caniculaires de la semaine qui vient juste de passer. Nous sommes Lundi 7, et nous décidons d’aller visiter la Tourbière des Dauges, dans les Monts d’Ambazac, au cœur d’une cuvette à 600 m d’altitude environ. Cet endroit doit par ailleurs être un formidable trou à froid. A quand une StatIC ?

Le début du périple, un tour de 6 km environ autour de la Tourbière, nous entraîne dans un paysage qui regorge visiblement de légendes.

Paysage de boccage, avec bosquets et forêt, des champs en herbe haute, et fougères massives en premier plan. Le tout ondule généreusement

La verdure est omniprésente. C’est le domaine du végétal, et de l’humide.

Vue rapprochée sur de la mousse à la surface d'un rocher, on distingue bien la forme en étoile des brins de mousse individuelles

Un tronc d’arbre est complètement creux. Paraît-il que des fées émaneraient de ce tronc au formes défiant l’imagination. Était-ce le lieu de villégiature de Merlin ? Est-ce un Ent endormi ?

A l'intérieur d'un arbre au tronc creux, on a une vue privilégiée sur les bois sec qui contstitue les parois, qui sont trouées de ci et de là, laissant apparaître le plafond de feuilles de la forêt

Le même arbre mais vu de l'extérieur. Son tronc est noueux, troué et creux, mais des branches en feuilles indiquent un arbre vivant

Nous continuons pour découvrir un abri bien trop petit pour des humains. Mais pour des gobelins peut-être ?

Dans une clairière, entourée de fougères denses, un rocher est disposé de manière à offrir un trou en dessous, comme l'entrée d'une grotte improbable

Nous parvenons à la tourbière. Paysage singulier, où les apparences sont trompeuses. En effet, l’eau n’est pas loin, et les sols sont de véritables éponges, agissant comme des filtres, la purifiant au passage.

Vue sur la tourbière, avec quelques arbres épars, une végétation herbue dense, sous un ciel couvert qui se déchire à peine.

Vue assez similaire, mais avec moins d'arbres, et de hautes herbes en premier plan

Sous la mousse, l’eau.

Vue rapprochée du sol de la tourbière, où l'on voit des blocs de mousse dont une partie est imergée dans un eau translucide. De grosses touffes d'herbes au feuilles fines et longues agrémentent ce drôle de paysage humide

Vue à peu près similaire à la précédente, qui montre plus d'eau, et des touffes d'herbe plus imposantes.

C’est un endroit vraiment particulier, je n’avais encore jamais rien vu de tel. Il faut absolument préserver ces tourbières, et les zones humides d’une manière générales. Ce sont de précieuses richesses de la nature.

Soudain, un diapason géant dans la forêt.

Dans la forêt. Une grandd branche d'arbre en forme de diapason est cassée et repose en biais entre le tronc et le sol. L'ensemble est abondamment recouvert de mousse. Le sol est jonché de fougères.

Et une collection de champignons sur un arbre mort recouvert d’un épais manteau de mousse.

Vue rapprochée sur les trois troncs d'un arbre tombé au sol, dont l'écorce est moussue et est peuplée de champignons typiques des arbres (en forme de demi-disques).

Nous finissons par quitter cet endroit baigné de magie et mystères.

L’Arboretum

Aucun commentaire • Expédié le à 12:32 dans MétéoPaysage

45ème Rencontre Nationale d’Infoclimat – 1er Jour

Donc en ce début d’été, j’ai pu me permettre de prendre part à la rencontre estivale de l’association de passionné-e-s de météo et de climato Infoclimat.

Cette année la rencontre se déroule en Haute-Vienne, département limitrophe au Nord-Est de la Dordogne (c’est pour ça que j’ai pu venir, hé), dans la commune de La-Jonchère-Saint-Maurice.

Le jour zéro c’était le Samedi 5 Juillet, début de la rencontre, mais rien de spécial n’a pu être fait cette journée car d’une part je prenais la route et d’autre part j’avais décidé d’aller me servir de la piscine du gîte, avec les autres passionné-e-s.

Le lendemain, ciel couvert, car une front froid assez abîmé va passer la nuit prochaine. Le plafond nuageux est toutefois intéressant à observer. C’est strié, il y a des ondulations. Et -AH NON hein, me parlez pas d’aspératus.

Vue sur un paysage boisé et quelques champs, la vue porte loin. Absorbées par la brume, plusieurs collines sont visibles sur l'horizon. Le ciel est couvert de nuages striés et ondulés, procurant une ambiance assez lourde.

Et de confirmer que la vue depuis ma piaule est pas mal quand même.

Vue relativement identique, mais plus large, révélant quelques bâtiments en premier plan, et un ciel effectivement bien perturbé

En cours d’après-midi, direction l’Arboretum situé sur la commune. Temps couvert encore, il se met même à pleuvoir. Donc les conditions photo sont pas idéales. Galerie d’images tout de même.

Vue en contreplongée d'arbres gigantesques, tels des tours dans une mégalopole. Le ciel est indescernable car surexposé

Ambiance très verte, beaucoup d'arbres au fond dont les troncs parfaitement verticaux s'alignent au milieu d'une végétation dense. Nombreuses sont les branches feuillues qui encadrent la vue

Au pied d'un séquoia géant, dont l'écorce frippée et creusée évoque la surface du papier crépon. Le tronc de l'arbre semble d'étirer jusqu'à l'infini

Sous la canopée arboricole, les troncs rectilignes semblent soutenir un couvert feuillu dense.

Tout contre un autre arbre géant, dont le tronc s'élance vers le ciel, au centre de l'image.

Au bord d'un paisible plan d'eau, la forêt s'éclaircit et laisse voir une partie du paysage forestier, dont la colline au fond entre deux arbres, touche les nuages gris

Crue de l’Isle – Avril 2025

Un commentaire • Expédié le 22 avril 2025 à 14:12 dans Météo

L’Isle en crue, j’ai pu y assister plusieurs fois depuis que je vis à Saint-Astier. Ici, et .

C’est à peu près à quelque chose comme ça que j’assistais la journée du

Lundi 21 Avril

Mais récapitulons d’abord. Le week-end précédent, une dépression est restée centrée sur le pays, apportant des quantités très importantes d’eau, dans ce que je qualifie personnellement d’épisode atlantique, un peu (et dans une moindre mesure), comme les épisodes méditerranéens.

Résultat : des lames d’eau impressionnantes que nous voyons rarement ici. Les 100 mm ont été dépassés plusieurs fois en Dordogne, comme indiqué sur cette carte Infoclimat montrant les cumuls sur 72h glissantes.

Carte météo montrant les cumuls, en millimètres, de précipitations sur la Dordogne et départements voisins. Sur celle-ci les cumuls vont, voire dépassent les 100 mm. Carte datant du 21 Avril 2025, 72h glissantes

Les cours d’eau, comme je pouvais m’y attendre, réagissaient fortement. Je suis donc sortie pour immortaliser tout ça, après avoir constaté que VigiCrue avait mis l’Isle en vigilance orange.

Les photos de ce jour là, en commençant par l’un des chemins permettant l’accès au parc du Petit Près. Inondé en partie.

Zone très végétale, une chemin, inondé, est bordé de haies. au fond, rangée de gros platanes, les pieds dans l'eau, sous un ciel gris

Plusieurs vues depuis le pont, assez parlantes.

Vue de l'Isle, qui déborde allègrement sur les rives. Un muret émerge à peine de l'eau, avec un lampadaire en son milieu. Des jardins plus à droite sont recouvert d'une faible profondeur, sous un ciel tourmenté

L'eau boueuse fait des remous, on voit même un tourbillon. Au font, les berges de la rivière sont partiellement inondées

Et le pont lui-même.

Un peuplier est dans l'eau, luttant contre un fort courant. Le pont de la ville, constitué de plusieurs arches, est immergé presque à moitié

Depuis le même endroit, sans doute les maisons les plus basses de la ville, dont les murs sont régulièrement dans l’eau, et en tout cas, avec une telle hauteur d’eau.

Façades de vieilles maisons dont la base est dans l'eau

Allons voir le Petit Près. Le parc est environ inondé au tiers, plusieurs installations sont dans l’eau, et le chemin qui donne l’accès à la Voie Verte est inondé.

(suite…)

Coucher d’éclipse lunaire et vapeurs

Aucun commentaire • Expédié le 14 mars 2025 à 11:16 dans AstronomieMétéoPaysage

Ce mois de Mars c’est le mois des éclipses. Une éclipse totale de Lune le 14, et une éclipse partielle de Soleil le 29. Toutefois… L’éclipse totale de Lune n’a pas grand chose de « total » sous nos latitudes. En effet, la Lune se couchera avant d’être totalement plongée dans l’ombre terrestre. En résumé, l’on aura peu de temps pour photographier un phénomène qui sera déjà bas sur l’horizon. Exit donc l’usage du 200mm, lourd et long à mettre en place.

J’opterai pour juste de la photo au 200mm, avec en premier plan l’église de notre ville.

Un clocher massif, bien rectangulaire, tout en pierre, qui trône fièrement près d'une Lune échancrée par l'ombre de la Terre. La Lune semble comme dans un brouillard.

Dans le jour naissant, à l’aube.

Vue plus large du même clocher, révélant l'intimité d'une rue basse illuminée par d'antiques lampadaires sodium. La Lune éclipsée s'apprête à disparaître entre deux toitures tout à droite de l'église

Et je rentrerai en passant par un parc près de l’eau, avec une rivière qui fulmine de vapeurs, et une végétation givrée. L’hiver daigne un petit retour en cette période de radoucissement.

Ambiance froide et hivernale, le givre recouvre la pelouse. A l'arrière, la rivière est fumante, et contraste vivement avec une forêt d'arbres encore décharnées

Même ambiance et même composition, sauf que la rivière occupe une portion plus importante, avec des fumeroles de vapeurs plus grandes, qui noieraient presque les arbres

Rendez-vous à la fin du mois pour des images de l’éclipse partielle de Soleil, qui ici, atteindra environ 20% d’occultation, ce qui est légèrement plus important que l’éclipse partielle de 2021.

Meteosat Third Generation – Tentative de traitement

Aucun commentaire • Expédié le 28 octobre 2024 à 11:56 dans AstronomieMétéo

Récemment, un nouveau satellite d’observation météo géostationnaire a été mis en ligne pour remplacer le précédent. Il s’agit de Météosat Troisième Génération (MTG), qui succède donc, de façon étonnante et inspirée à Météosat Seconde Génération (MSG).

Après ce trait d’esprit fulgurant de ma part, quelques explications quand même : MSG possédait une résolution d’environ 1km sur la surface de la Terre (rendez-vous compte que le satellite est placé en orbite géostationnaire, soit à environ 36 000 km). Et avec une résolution temporelle de 15 minutes. Ce qui était pas mal à l’époque, où il remplaçait le tout premier Météosat, qui lui possédait une résolution spatiale de 2.5 km pour une résolution temporelle de 30 minutes).

Là, MTG possède une résolution spatiale de 500 mètres ! Et une résolution temporelle de 10 minutes. Ce qui est quand même pas mal, non ?

Tout est disponible via l’interface d’Eumetsat, qui a d’ailleurs considérablement évoluée depuis ces dernières années :

https://view.eumetsat.int/productviewer?v=default

Et je me suis dit allez, et si je refaisais ce que je faisais avec les images de MSG disponibles via l’antique Dundee ? A savoir, prendre une image en niveaux de gris haute résolution (le 500 m/px donc) pour la coloriser avec la plus faible résolution mais couleurs cette fois-ci (mais à 1km/px) ?

C’est chose faite, et je vous présente l’Europe de l’Ouest il y a quelques jours, le 25 Octobre, qui présente un enroulement très esthétique sur l’Atlantique :

Image satellite couleur de l'europe de l'ouest, couverte en partie de nuages, surtout l'Espagne et une partie de la France, ainsi que la totalite du Royaume-Uni et de l'Irlande, sous une dépression spirale particulièrement développée

Je tenais à vous montrer ceci, qui peut être une très bonne solution de remplacement pour les images MODIS (dont la résolution spatiale peut atteindre 250 m/px, certes), qui présentent souvent un effet de « banding » car les satellites AQUA et TERRA sont défilants.

Aurores en Périgord

Aucun commentaire • Expédié le 12 mai 2024 à 10:33 dans AstronomieAurore boréalePaysageSoleil

Le Soleil est en colère.

Un pic d’activité comme on en avait plus vu depuis des décennies.

A sa surface, ça bouillonne, ça maelström, les lignes de champs magnétiques, parcourues de plasma surchauffé, éclatent.

Fracas. Explosions.

Et dans le silence absolu du vide spatial, la couronne elle-même, portée à plusieurs millions de degrés Celsius, est emportée.

En direction de la Terre.

Le lendemain, je décide d’immortaliser un groupe de taches solaire gigantesque.

Disque solaire parcouru de plusieurs taches à sa surface, dont un groupe, comme une grappe de raisin démesurée posée à sa surface, en haut à gauche du disque.

Nous sommes le Vendredi 10 Mai 2024. A la veille de mon anniversaire, où je célébrerai 39 années passées à la surface de ce monde. J’ai sorti mon télescope 200/1000 équipé de son filtre Astrosolar pleine ouverture pour immortaliser cette image incroyable du Soleil, avec un groupe de tache immense. De mémoire, le dernier aussi gros date de 2003, quand à cette époque là, je faisais des relevés au dessin de l’astre du jour.

Détails de l’image : acquisition sur Canon EOS 70D, au foyer. 20 images alignées, empilées et traitées dans Lynkeos, avec un post-traitement dans Darktable.

Ce groupe de taches solaire est responsable de plusieurs éruptions solaires de classes M et X. C’est à dire de puissantes éruptions, capables de provoquer d’importantes aurores polaires.

Les particules solaires, chargées, ionisées, traversent avec fulgurance le vide interplanétaire. Elles semblent pouvoir voyager à tout allure, tout droit dans les confins du Système Solaire. Mais quelque chose se produit auquel elles ne s’attendaient pas. Un champs magnétique les dévie. Pas n’importe lequel. Le notre. Celui dont l’existence a permis à la vie d’émerger.
Mais elles sont nombreuses, très nombreuses, parcourues de charges électrostatiques pouvant faire plier n’importe quel champs. Elles poussent elles poussent. Elles semblent vouloir toucher la Terre. Finalement, la Terre gagne.

Sur les forums d’Infoclimat, dans le sujet consacré au suivi de l’activité solaire, c’est un bouillonnement. Cette activité solaire n’est pas passée inaperçu dans l’œil des spécialistes. Et il est annoncé un formidable spectacle nocturne. En effet, la bouffée de particules solaire sera telle que des aurores boréales pourraient être visible en France. Partout en France. Je suis tout ceci avec attention, étant moi-même membre active au sein de la communauté de passionné.e.s de météo, dont l’association fêtera ses 20 ans, le 11 Mai également.

Je me dis que cette fois-ci, je vais faire les choses bien. Trouver un très bon point de vue dans les alentours de Saint-Astier. Et j’en trouve un : au sommet du village Léguillac-de-l’Auche, au lieu-dit Les Granges. Et le ciel est au beau fixe, avec des hautes-pressions depuis quelques jours, l’air est sec, sans nuages. Et la Lune est encore jeune, donc elle ne va trop gêner les observations.

Le repas terminé, je me dirige vers ce point de vue inédit pour moi. Le Soleil est déjà couché, le crépuscule est là, mais il s’éteint de minute en minute.

Paysage doucement vallonné dans les dernières lueurs du crépuscule, quelques cirrus strient le ciel à gauche

Remarquable point de vue, bien dégagé sur presque tous les horizons.

Les particules solaires survolent les pôles terrestres, suivant les lignes du champs magnétique de la planète. Mais elles vont vite, très vite. Trop vite. Et de nouveau, quelque chose auquel elles ne s’attendent pas. Elles reculent, elles repartent vers la Terre. Elles pourraient presque la toucher.

Le ciel s’assombrit. Mes yeux croient distinguer quelque chose. Serait-ce ?

Les particules solaires heurtent violemment d’autres particules, des atomes. Des électrons sont éjectés de leurs orbites. Ce faisant, des photons sont produits, qui partent déjà à la vitesse considérable de 299 792 kilomètres par seconde.

J’ai du mal à y voir, je prends une photo.

Fond de ciel sombre avec un horizon noir. Une vague forme rougeatre semble occuper le centre

Patience.

Je prends une autre photo.

Même vue. Des stries colorées apparaissent sur fond de ciel bleu sombre.

Les photons sont tellement nombreux que les ténèbres s’illuminent. De partout.

Oui ! C’est bien ça. L’aurore boréale est là. Fantomatique. Presque insaisissable au regard. Je n’en reviens pas.

Une autre photo. Vite !

Même vue, mais la zone lumineuse rouge est plus large

Je n’en crois pas mes yeux. Enfin ! Une aurore boréale ! La toute première de ma vie. Je me précipite, je ne veux rien manquer.

Vue plus large, dans les couleurs crépusculaires les teintes d'une draperie rouge se mélangent.

Je ne le sais pas encore, mais je m’apprête à vivre l’une des nuits les plus inoubliables de mon existence.

(suite…)